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Histoire
Perdus dans la nuit des temps
Qui sont donc ces carmes ? Reportons-nous en Palestine, au Mont Carmel,
plus précisément au « Wadi ’aïn es-Siah » (= torrent des
pèlerins), lieu sanctifié par la présence d’Élie, ce prophète au cœur
de feu, épris de zèle pour le Dieu vivant. Là, au 13e siècle, au creux de grottes
naturelles, quelques ermites européens inconnus, venus en Terre Sainte au
hasard des croisades, mènent le combat silencieux de la prière, dans une
vie d’intimité avec le Seigneur. S’ils se réclament du rude
prophète Élie, témoin de l’Absolu de Dieu, ils vénèrent aussi,
comme Mère et comme sœur, la Vierge Marie, femme de l’écoute, tout
attentive à la Parole de Dieu, à qui ils dédieront leur première
église.

Entre 1207 et 1214, Albert, patriarche de Jérusalem, leur donne une
Règle de vie. Brève, équilibrée, tissée d’Écriture Sainte, elle
organise leur vie commune de prière et de solitude, de travail et de
pauvreté, autour du précepte central : « méditer jour et
nuit la Parole du Seigneur ». À partir de ce moment, les
« Frères de Notre-Dame du Mont-Carmel » font leur entrée
officielle dans l’histoire. Nouvel Ordre religieux modeste, obscur, sans
fondateur attitré, né en Orient, qui recrute surtout des Occidentaux…
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