Une femme « super »
15 août 1562. Grand émoi à Avila, en Espagne ! Dignitaires, civils,
religieux s’élèvent avec force contre l’érection d’un monastère
de carmélites réformées ! Qui a osé en arriver là ? Une femme… et
quelle femme ! Thérèse de Cepeda y Ahumada, mieux connue par la
postérité comme « La Madre » ou Thérèse de Jésus,
Thérèse d’Avila ! Entrée au Monastère de l’Incarnation à Avila,
cette carmélite quittera ses consoeurs (une centaine et plus à l’époque)
pour fonder avec quatre pauvres orphelines, San José d’Avila, le
premier monastère de la Réforme, réforme qui durera celle-là jusqu’à
nos jours !
Éprise d’Absolu, amoureuse du Christ avec lequel elle converse
familièrement, assoiffée de solitude, de silence, de pauvreté, elle
fait de l’oraison, ce cœur-à-cœur avec Dieu, le fondement de sa Réforme.
En même temps, elle renoue avec la Règle primitive, instaure une vie de
communion fraternelle plus « familiale » (ses monastères ne
dépasseront pas 21 membres) et se lance sur les routes, couvrant l’Espagne
de monastères réformés qu’elle nomme joliment les « colombiers
de la Vierge ». Sous son impulsion, ses « filles »
prient et offrent leur vie pour l’Église et le monde car Thérèse,
émue des divisions de l’Église ( nous sommes à l’ère des grandes
déchirures du protestantisme ) et animée de zèle missionnaire, a
voulu imprimer à sa Réforme un fort élan apostolique.