Il y a de la houle !
En même temps, avec l’accord du Père Rubeo, Général de l’époque,
Thérèse entame la réforme des carmes . S’appuyant sur un jeune
religieux, le futur Saint Jean de la Croix, poète et Maître de vie
spirituelle, elle implante à Duruelo, le 28 novembre 1568, le premier
couvent de carmes « déchaux ». Alors que la Réforme prend de
plus en plus d’ampleur, les Carmes non réformés s’émeuvent et
engagent la lutte contre la Madre, contre ses fils et ses filles.
Bataille
haute en couleurs, querelles de juridictions opposant le roi Philippe II,
le pape, les visiteurs apostoliques, les religieux de tous ordres; lutte
entraînant la neutralisation temporaire de la Madre et l’emprisonnement
de Jean de la Croix par les carmes non réformés. Les conflits ne
cesseront qu’en 1581 avec l’érection en province séparée des Carmes
déchaux et de leurs sœurs carmélites de la Réforme. Douze ans après
la mort de Sainte Thérèse, en 1594, le Père Doria deviendra le premier
Général de la Réforme. Cette étape consommera la séparation juridique
des deux branches du Carmel : celle de l’antique observance (Grands
Carmes) et celle de la Réforme (Carmes Déchaux). Le tronc unique du
Carmel s’épanouira jusqu’à nos jours en deux branches florissantes…