Le Carmel fait « boule de neige »
Désormais, le Carmel, en ses deux branches, avait atteint sa pleine
stature ! Le voilà prêt à de nouveaux enfantements qui ne se feront pas
toujours sans douleur , les aléas de l’histoire politique le
marqueront lui aussi, mais rien ne freinera son essor.
Le Carmel thérésien élargira d’abord ses ramifications partout en
Europe : Italie, Pays Bas, Allemagne, Pologne, etc. Fils et filles de
la Madre s’implantent en tous lieux. Notons qu’en France, les deux
filles préférées de la Madre conjugueront leurs efforts. Anne de Jésus
fondera à Paris, en 1604, à Dijon, l’année suivante. Anne de
St-Barthélemy fondera le carmel de Pontoise en 1605. Celui-ci fondera
celui de Reims et ce dernier implantera le premier carmel canadien à
Montréal en 1875 ! Quant aux carmes déchaux, on les retrouve à Avignon
(1609), puis à Paris (1611). Les carmes Canadiens, présents aujourd’hui
à Montréal (1993) et à Beauport (1999) sont originaires de la province
d’Avignon-Aquitaine.
Et que dire de l’épopée missionnaire des deux branches du Carmel ?
L’histoire de l’Ordre éclate ici et épouse les contours politiques
et sociaux des différentes régions ou pays. Partout, sur les cinq
continents, du 17e au 21e siècle, du Brésil en
Nouvelle-Guinée, du Mexique à l'Indonésie, du Moyen-Orient en Inde et
en Chine, du Pérou au Vietnam, des États-Unis au Congo, des couvents et
des monastères s’érigent, la spiritualité du Carmel se répand. En
Palestine, la réimplantation d’un couvent au Mont Carmel en 1631 permet
à l’Ordre de retrouver ses racines.