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Exactement ce que l'abbé cherchait et dont il avait fait confidence à son frère au retour de la guerre : je veux labsolu . Dieu le voulait au Carmel. Rencontre, promesse d'avenir. Devant l'opposition de son directeur spirituel, de son évêque et surtout de sa maman, il lui faudra attendre pour réaliser l'appel. 4 février 1922. Mgr Verdier, évêque auxiliaire, va présider l'ordination. Quelques instants avant le début de la cérémonie, l'abbé Henri Grialou, très ému, est allé embrasser sa mère, qui vient d'entrer, accompagnée de Berthe, sa filleule. Profondément opposée au départ annoncé de son fils au Carmel, elle ne voulait pas y participer. Lui, avait demandé au Seigneur, comme signe ultime de son nécessaire départ, la présence de sa mère. On comprend son émotion. Quelques jours plus tard il écrit : Le Bon Dieu sest plu à faire lui-même la dernière préparation, dans des conditions particulièrement intéressantes. Il est venu donc avec son sacerdoce et sous la forme que je désirais.(Père d'une multitude. Lettres autobiographiques. Le Sarment/Fayard, 1988) Cette forme du sacerdoce, c'était l'emprise de Dieu, la vocation prophétique du Carmel. Cette emprise sur sa grâce baptismale va donner au nouvel ordonné les moyens de parvenir à l'exercice plénier de son ministère sacerdotal. Première messe le lendemain. Absence de madame Grialou. Lévêque qu'elle a consulté, lui a répondu : "Votre fils n'était pas destiné à faire un curé de campagne, c'est tout de suite que j'en faisais un missionnaire diocésain. Et il ne reste pas dans le diocèse ! Alors, il m'échappe, comme à vous." En obéissant à son appel, l'abbé Grialou n'échappait à personne. Au terme d'une tournée de "Premières messes", discrètement, Henri Grialou, prêtre du diocèse de Rodez, part. Le 18 février, il écrit à sa soeur Berthe : Jésus ma montré que ce serait par la souffrance que je remplirai le rôle quil veut me confier. Javais cru à mon intelligence et à toutes sortes de qualités naturelles. Il ma donné toutes sortes de désillusions. Depuis que jai limité mes désirs et mon ambition à la souffrance tout va bien et il me permet dagir efficacement. (lettre du 18/2/1922 inédite) Après quelques jours passés à attendre dans l'angoisse et la paix la réaction de sa mère, -ne lui avait-elle pas parlé de mettre fin à ses jours ? - il quitte tout pour un pays inconnu de lui. Le 24 février 1922, il frappe à la porte du Carmel d'Avon, près de Fontainebleau. Il a 27 ans. Ce soir-là, seul dans sa cellule, méditant sur la parole de Jésus à Nicodème : "iI vous faut renaître", il note : Ces paroles sont lumineuses pour moi aujourdhui . Il faut que je renaisse complètement pour une nouvelle vie. ( ... ) C'est la lumière que Jésus a mise pour moi dans ces paroles. ( ) Quelle grâce Jésus me fait de me permettre ainsi de me détacher de moi-même !
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