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Au-delà de ces trois grandes figures, le jeune Carme découvre le prophète Elie, avec qui se noue une amitié forte, qui manifeste une communauté de mission. Durant sa formation, il s'était ouvert à son supérieur : Je crois que jai une mission. Plus tard, il avouera avoir été saisi par l'Esprit Saint, avec la perception qu'il avait les mains pleines d'âmes. Alors jai prié, jai prié avec fureur. Je ne savais pas encore comment cela se ferait. En 1926, nommé au couvent de Lille le P. Marie-Eugène prend part activement à l'évangélisation. Il répond généreusement aux nombreuses demandes de prédication. La force qui jaillit de son enseignement pour convertir, remettre en marche, encourager, il l'attribue à ses maîtres. Ses auditeurs, eux, sentaient bien que le feu venait aussi de son cour. Selon une attitude absolument constante chez lui, il s'effaçait devant le message. Peu à peu la conviction s'était établie fermement en lui : sa mission consisterait à conduire à Dieu, par les chemins de la foi et de la contemplation, les femmes et les hommes de son temps, de tous milieux, races, langues, peuples et nations. Pour cela il lui fallait des aides. D'une activité débordante, le P. Marie-Eugène sentait l'appel du silence. Il avait obtenu du Père Général des Carmes l'autorisation de partir un an dans une retraite solitaire. Le 14 août 1928 au soir, dans la lumière de l'Assomption de Marie, il reçoit sa nomination comme responsable d'une maison de formation pour jeunes garçons, au Petit Castelet, près de Tarascon. Nuit d'angoisse. Fallait-il accepter de renoncer à un appel intérieur pour entreprendre une oeuvre à laquelle il ne croyait pas ? Il sacrifia l'attrait à l'obéissance. Le matin venu il prenait ses dispositions pour rejoindre sa nouvelle mission. J'y venais pour autre chose, confia-t-il plus tard.
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