Le Carmel au Québec


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Histoire d'un carmel
Nous qui t'aimons

 

Je me suis présentée devant les Saints... : " Je suis la plus petite des créatures... mais j'ose vous demander de m'obtenir : votre double Amour" » (Ms B, 4) ... pour aimer Jésus.

Si Thérèse aime tous les saints, elle a ses préférences, comme il sied à toute amitié.

Les Saints Innocents, Agnès, Cécile, Jeanne d'Arc, Madeleine, Stanislas Kostka, Théophane Vénard... sans oublier la place privilégiée de la Vierge Marie, de saint Joseph et de son Ange Gardien.

Et comment Thérèse exprime-t-elle cette amitié ?

« La Sainte Vierge !... Ah ! que pourrai-je vous en dire ?... C'est ma Mère !!!......... » (RP 8, sc 5)

Cette répartie que Thérèse met sur les lèvres de Stanislas Kostka, est née dans son cour à elle et dit tout.

« Et le bon St Joseph ! Oh ! que je l'aime ! » (CJ 20.8.14) « Depuis mon enfance j'avais pour lui une dévotion qui se confondait avec mon amour pour la Ste Vierge. » (Ms A, 57)

Quant à son Ange Gardien, Thérèse a grande confiance en lui et l'appelle « mon Frère, mon Ami, mon Consolateur » (PN 46, 1).

La plupart des autres saints préférés de Thérèse sont des jeunes et des martyrs. Tous sont des passionnés du Christ.

Les Saints Innocents : « c'est vous que le Seigneur me donna pour modèle [...] Parmi (vous), je réclame une place » (PN 44).

Sainte Agnès ? « C'était une amie d'enfance » (Ms A, 61v).

Dans une poésie, Thérèse fait dire à cette jeune martyre : « Le Christ est mon Amour, Il est toute ma vie. [...] Je ne crains rien, [...] et le feu de l'amour qui consume mon âme ne s'éteindra jamais !... » (PN 26).

Agnès est le miroir de l'âme de Thérèse.

Quant à Sainte Cécile, « avant mon voyage de Rome je n'avais pour cette sainte aucune dévotion particulière, mais en visitant le lieu de son martyre, [...] je sentis pour elle une véritable tendresse d'amie... Elle devint ma sainte de prédilection, ma confidente intime... Tout en elle me ravit » (Ms A, 61v°).

Elle est la Sainte de l'Abandon (LT 161), de cet Abandon qui est « le fruit délicieux de l'Amour » (PN 52) : « elle ne craint pas car [...] elle sait que Jésus est obligé de la garder, de protéger sa virginité » (LT 149).

Une confidence de Thérèse : « Moi, j'aime mieux les saints qui n'ont peur de rien, comme Ste Cécile. » (CJ 30.6.1)

Jeanne d'Arc, « ma sour chérie » ! (Ms B, 3)

Thérèse lui consacre poésies et récréations pieuses.

De plus, « l'année de sa mort, Thérèse revient à Jeanne d'Arc (qui l'accompagne depuis l'enfance), comme pour s'identifier à elle au seuil de sa propre passion. À l'infirmerie, elle se référera souvent à l'héroïne »(1), la « fille au grand cour » (RP 1, 19r).

Sainte Marie-Madeleine : « J'aime (son) amoureuse audace ! [...] Je sens que son cour a compris les abîmes d'amour et de miséricorde du Cour de Jésus » (LT 247).

C'est ce qui fascine Thérèse : « J'imite la conduite de Madeleine, son étonnante ou plutôt son amoureuse audace qui charme le Cour de Jésus, séduit le mien. » (Ms C, 36v°)

Stanislas Kostka : « Thérèse, les derniers mois de sa vie, était comme hantée par le désir de revenir sur la terre. » (DE, p 722)

La pièce sur St Stanislas, composée en février 1897, en fait foi.

« Oui [...] les Bienheureux peuvent encore sauver des âmes » (RP 8, 6v) : voilà ce que Thérèse met sur les lèvres de la Vierge Marie en réponse au désir d'apostolat posthume de Stanislas...

« Mon âme ressemble à la sienne » (DE, p 422), dira Thérèse de Théophane Vénard, jeune prêtre missionnaire, martyr au Vietnam.

« Oh ! je voudrais bien avoir son portrait ; c'est une âme qui me plaît. [...] Il était gai toujours. » (CJ 27.5.10)

Thérèse lut sa vie et sa correspondance à la fin de 1896 et il devint « un de ses amis privilégiés jusqu'à son dernier jour ».(2)

« Nous qui t'aimons » (RP 3, 13) : voilà ce que chacun d'entre eux a fait expérimenter à Thérèse, à un moment ou l'autre de sa vie.

Maintenant, c'est Thérèse qui nous dit, comme elle le fit à l'un de ses frères spirituels : « Je serai tout près de (vous), je verrai tout ce qui (vous) est nécessaire et je ne laisserai pas de repos au bon Dieu qu'Il ne m'ait donné tout ce que je voudrai !... » (LT 253)

...En toute amitié !

Sr Francine, ocd

 

 
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