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Notre manque de confiance et d'audace est une des attitudes qui font
le plus de peine à Dieu. On n'ose pas croire à tout ce que le Seigneur
veut nous donner pour nous combler de son Amour personnel parce qu'on a
peur d'être pris dans un engrenage d'amour... « alors que l'amour
ne se paie que par l'amour » nous dit saint Jean de la Croix. Les
petits enfants ont tout naturellement confiance en leur mère et en leur
père car ils se savent aimés.
Emmanuel Mounier écrivait : « Dieu ne demande pas des gens qui aient
des vertus, mais des "enfants" qu'Il puisse prendre comme on
soulève un petit enfant parce qu'il est léger et qu'il a de grands
yeux... »
La confiance...
La confiance qui est l'autre nom de l'Amour est la marque
principale de la spiritualité de la Petite Thérèse de l'Enfant-Jésus.
Elle a vite compris que l'audace et la confiance charment le Cour de Jésus
: ce qui le blesse, c'est notre manque de confiance... Restreindre ses
désirs et ses espérances, c'est méconnaître la bonté infinie de
Dieu. La Petite Thérèse disait qu'« il ne faut jamais mesurer la
puissance de Dieu à nos courtes pensées... » (Ms C, 4r°) La première
chose qui nous frappe chez Petite Thérèse, c'est sa confiance sans
limite dans l'Amour de Dieu, pour elle-même et pour chaque être.
La Petite Thérèse était persuadée qu'il y a une chose impossible
à Dieu : c'est de résister à la prière confiante d'un petit enfant
et elle disait souvent à ses novices que Dieu ne peut rien refuser à une
prière toute confiante. Elle aimait redire avec son père saint Jean de
la Croix qu'« on obtient de Dieu autant qu'on en espère... - Gardez bien votre confiance. Il est impossible que le bon Dieu n'y
réponde pas, car Il mesure toujours ses dons à notre confiance ! »
Vers la fin de sa vie, Mère Agnès de Jésus, sa grande sour devenue
sa Prieure au Carmel de Lisieux, pouvait dire en toute vérité que plus
rien ne pouvait décourager Thérèse! Elle avait déjà écrit, à la
période de sa Première Communion : « Je ne me découragerai jamais ! »
...est le chemin...
Un jour, sour Marie de la Trinité, novice de la Petite Thérèse,
expliquait à sour Germaine : «Voyez-vous, le moyen d'être heureux
dans la "Petite Voie" de Thérèse, c'est de s'abandonner à
Dieu et de penser à soi le moins possible, ne pas même chercher à se
rendre compte si l'on fait des progrès ou non : cela ne nous regarde
pas. Nous n'avons qu'à nous exercer à faire avec le plus d'amour
possible tous nos petits actes de la vie courante, à reconnaître
humblement, mais sans tristesse, nos mille imperfections sans cesse
renaissantes et à demander avec confiance au bon Dieu de les transformer
en amour...»
C'est cette sour Germaine qui a déposé ceci en 1910 à l'occasion
du procès canonique pour la béatification de sa compagne de Lisieux : «
Je crois que c'est bien la première fois depuis que le monde est monde
qu'on canonise une sainte qui n'a rien fait d'extraordinaire : ni
extases, ni révélations, ni mortifications qui effraient les petites
âmes comme les nôtres. Toute sa vie se résume en ce seul mot : elle a
aimé le bon Dieu dans toutes les petites actions ordinaires de la vie
commune, les accomplissant avec une grande fidélité. Elle avait toujours
une grande sérénité d'âme dans la souffrance comme dans la
jouissance, parce qu'elle prenait toutes choses comme venant de la part
du bon Dieu ».
... du bonheur...
Je me souviens d'une anecdote racontée par le P. Paul P.B., vécue
quelques années plus tôt alors qu'il était missionnaire en Afrique.
Un jour qu'il était avec un confrère sur une pirogue pilotée par un
Noir, une tempête s'éleva sur le fleuve. Une grande peur les saisit
brusquement à cause de la force des vents, de l'intensité des vagues
et de la vue terrifiante des crocodiles à la gueule déjà grande
ouverte... C'est si vite fait, chavirer en pirogue ! Et le Père Paul
nous disait qu'il avait déjà bien récité son acte de contrition...
Or il y avait au fond de la pirogue le tout petit garçon du Noir qui
naviguait comme il le pouvait, et ce petit enfant n'avait pas peur,
jouant avec un bout de bâton. Le Père Paul lui demanda :" Tu n'as
pas peur ? "Et l'enfant lui répondit : "Non ! parce que c'est
mon père qui conduit !..."
Comme la Petite Thérèse aurait été heureuse d'entendre cette
histoire ! Elle l'aurait tout de suite mise en pratique dans le concret
de sa vie et l'aurait racontée à ses novices... "C'est mon
père qui conduit !"
...pour toute la vie.
Le pape Pie X a dit que sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus était la
plus grande sainte des temps modernes. Elle est aussi la plus petite
justement à cause de la Petite Voie faite de confiance et d'abandon. C'est
la nouveauté apportée par la Petite Thérèse pour l'Église de notre
temps !
P. André-Marie Syrard, osm
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