Le Carmel au Québec |
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L'infini du désir
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«... J'aime les âmes Je les aime d'un grand amour, Je les ai faites pour moi-même J'ai fait leurs désirs infinis. La plus petite âme qui m'aime Devient pour moi le Paradis !» |
Une troisième fois, elle le redit dans son Acte d'Offrande à l'Amour Miséricordieux du bon Dieu - lequel n'est qu'une longue clameur de ses désirs de soulager cet Amour incompris. Elle a d'abord écrit : « Je sens en mon cour des désirs infinis... ». Théologiquement Thérèse avait raison : elle ne restreint pas Dieu à la mesure de la créature, mais elle ajuste la créature à la mesure de Dieu en l'ouvrant à l'infini.
Enfin au manuscrit « B » (2, v°) elle y revient avec insistance : « Ah ! pardonne-moi Jésus, si je déraisonne en voulant redire mes désirs, mes espérances qui touchent à l'infini. »
Nous devons aussi nous rappeler son billet de Profession. C'est un billet tout haletant sous l'impétuosité des désirs qui se pressent en son cour, on y lit : « ... je ne te demande que la paix, et aussi l'amour, l'amour infini sans limite autre que toi » (Pri 2).
Thérèse est bien dans la lignée des saints du Carmel, de sa mère Thérèse de Jésus qui stimule ses filles : « ... il nous est très avantageux de ne point ralentir nos désirs » (Vie 13, 2) et la Madre met au compte du démon la fausse humilité qui s'abstient de grands désirs (Id 4).
Jean de la Croix, de son côté, parle de ceux et celles qui sont épris « du grand désir de connaître le Bien-Aimé, de le voir » (Cant. A 12/11) ou qui sont travaillés « d'impatience d'amour » (VF 3,8)
« Ouvre large ta bouche, Moi je l'emplirai »
Si l'espérance est la vertu par excellence des pauvres, des petits, le désir est l'aliment qui en entretient la flamme. Si le désir s'affadit, s'éteint, cette flamme de l'espérance vacille et meurt à brève échéance. Cela se vérifie à tous les niveaux de l'être humain.
Par ailleurs, Dieu aussi a sur nous des désirs infinis. Si les nôtres rencontrent les siens, pressentons-nous ce qui en résultera ?
« Ah ! le Seigneur... toujours Il m'a donné ce que j'ai désiré ou plutôt Il m'a fait désirer ce qu'Il voulait me donner » (C 31 r. Cf. Ms A, 71 r° ; LT 253).
Thérèse a « ouvert large sa bouche et Dieu l'a remplie ». Cependant n'oublions pas le binôme : « L'infini du désir dans la totale impuissance ». La sainte nous en reparlera.
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