La petite voie
de Thérèse
D.
La parabole de l'escalier
À travers le témoignage de sa novice, sour Marie de la Trinité, nous
percevons la pédagogie de Thérèse qui veut faire comprendre la pratique
de la « petite voie ».
L'enfant de Dieu se sait incapable de gravir par lui-même le rude
escalier de la perfection. Il doit se laisser emporter dans les bras de son
Dieu.
Un « laisser-faire » qui ne supprime pas l'effort humain, au
contraire.
D'où la célèbre parabole que Thérèse invente à partir de ses
propres souvenirs d'enfant à Alençon :
« Vous me faites penser au tout petit enfant qui commence à se tenir
debout, mais ne sait pas encore marcher.
Voulant absolument atteindre le haut d'un escalier pour retrouver sa
maman, il lève son petit pied afin de monter la première marche. Peine
inutile ! Il retombe toujours sans pouvoir avancer.
Eh bien ! Consentez à être ce petit enfant : par la pratique de toutes
les vertus, levez toujours votre petit pied pour gravir l'escalier de la
sainteté.
Vous n'arriverez même pas à monter la première marche, mais le bon
Dieu ne demande de vous que la bonne volonté.
Du haut de cet escalier, Il vous regarde avec amour. Bientôt, vaincu par
vos efforts inutiles, Il descendra Lui-même et, vous prenant dans ses bras,
vous emportera pour toujours dans son royaume où vous ne Le quitterez plus.
Mais si vous cessez de lever votre petit pied, Il vous laissera longtemps
sur la terre.
« Le jour bienheureux où Jésus descendra Lui-même pour vous emporter
dans ses bras, serez-vous plus avancée d'avoir gravi cinq ou six marches
par vos propres forces ?
Est-il plus difficile à Jésus de vous prendre au bas plutôt qu'à la
moitié de l'escalier ?
Il y a encore un avantage pour vous à ne pas pouvoir monter, c'est de
rester toute votre vie dans l'humilité, tandis que, si vos efforts
étaient couronnés de succès, vous ne feriez pas pitié à Jésus, Il vous
laisserait monter toute seule et il y aurait tout à craindre que vous ne
tombiez dans la complaisance en vous-même. »
P. Jean-Philippe, ocd / France
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