Mais comment peux-tu survivre,
Ô ma vie, en ne vivant pas où tu vis,
Quand déjà il te faudrait
Mourir sous le coup des flèches
De ce qu'en ton coeur tu conçois de l'Aimé ?
Que ne guéris-tu ce coeur,
Puisque c'est de toi qu'il a reçu sa plaie ?
Et me l'ayant dérobé,
Pourquoi le laisser ainsi
Et ne pas emporter le vol que tu fis ?
Éteins mes impatiences,
Puisque d'y mettre fin nul n'a le pouvoir,
Et puissent mes yeux te voir
Puisque tu es leur lumière,
Et c'est pour toi seul que je les veux garder.
Découvre-moi ta présence,
Que la vision de ta beauté me tue !
Qui pour l'amour est en peine
Guérir ne peut, tu le sais,
Qu'en présence du visage de l'Aimé.