Le Carmel au Québec


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Figures du Carmel

Anne de Jésus

Le choix du plus parfait

 

Nous sommes en 1560 : tandis que Cristobal entre chez les Jésuites, Anne désire pour sa part la vie religieuse la plus parfaite qui soit. Elle mène donc une vie très austère, s'adonne à la prière, jeûne souvent, pratique des mortifications et se consacre aux soins des malades. On sent l'amour qui la brûle du dedans : le Seigneur y répond par de nombreuses grâces intérieures.

Ses dons naturels et surnaturels lui taillent une réputation à travers la ville. Des faits d'ordre charismatique vont commencer à survenir. Anne vit ainsi chez sa grand-mère environ sept ans, car elle ne trouve pas l'ordre religieux qui correspond à sa soif d'absolu.

 

Malgré son austérité, Anne est une femme équilibrée comme en témoigne sa jeune cousine Maria de Cabreras : « Elle me témoignait beaucoup d'affection. Elle était affable et gaie, elle me faisait toujours chanter et m'amuser, elle disait que l'esprit triste n'était pas bien disposé pour louer Dieu, que seul l'esprit joyeux pouvait rendre grâce en tout et faire avec joie la volonté de Dieu. »

Son premier guide spirituel sera un Jésuite, le père Pierre Rodriguez, qui l'aidera à travailler « son point d'honneur ». Mais ce qu'il lui transmettra surtout, ce sera son amour pour l'Eucharistie. Anne a 20 ans, et son interrogation est plus pressante que jamais : dans quelle communauté le Seigneur la veut-il ?

En 1569, elle tombe gravement malade et frôle la mort. Son état s'améliore bien qu'elle reste très faible. Mais son désir d'être à Jésus grandit toujours. Où donc la veut-il ? Son directeur spirituel, le père Rodriguez, est nommé à Tolède. Cette séparation est rude pour Anne déjà affaiblie, mais c'est par ce sacrifice que le Seigneur envoie un rayon de lumière sur son chemin pour lui indiquer la place qu'il lui prépare depuis longtemps.

Nous sommes en 1570, la réforme du Carmel de sainte Thérèse d'Avila est encore jeune, remontant seulement à huit ans. C'est en cette même année que Thérèse vient de fonder un carmel à Tolède. Le P. Rodriguez fait la connaissance de la réformatrice et écrit à Anne : « J'ai trouvé ici une sainte femme qui fonde des monastères de l'Ordre que vous cherchez. Elle est native d'Avila et se nomme Teresa de Ahumada. Demandez à Dieu qu'il lui plaise de vous donner la lumière pour savoir si c'est là qu'il vous appelle. Quant à moi, il me semble que oui. Avertissez-moi si vous voulez que j'en traite avec la Mère.»

 

 
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