Outre une nette influence thérésienne et sanjuaniste ainsi qu'une disposition équilibrant action et contemplation, Anne laisse entrevoir dans ses écrits un grand amour pour l'humanité du Christ. Cette prédilection est centrée sur le très Saint-Sacrement. Elle concrétise ainsi un amour profond et sans bornes pour l'Eucharistie et une très grande dévotion au mystère de l'Incarnation. Elle développe aussi à travers les années un intérêt tout particulier pour Job. Nous retrouvons dans ses lettres le thème jobien de l'acceptation de la volonté de Dieu, dans l'adversité comme dans la prospérité.
Les derniers temps de sa vie, Anne sera éprouvée dans son corps par de graves maladies et connaîtra en son âme une profonde nuit touchant le mystère de l'Eucharistie, ne goûtant plus la présence de Dieu dans ce sacrement. Elle écrit à un ami religieux : « Je m'approche de la table Sainte comme une bête. » Nuit intérieure terrible où Dieu semble l'avoir abandonnée et ne plus exister. Mais nous sommes au cœur de la grâce du Carmel ! Dieu est pourtant là, si proche, si proche, mais caché aux yeux de la foi !