| Thomas de Jésus |
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Il est Vivant le Dieu en présence de qui je me tiens.
Je brûle de zèle pour le Seigneur Dieu des armées. Ainsi le Carmel, se réclame du prophète Élie par une filiation spirituelle. Voilà donc ce contemplatif voué à l’action. Un problème pratique se pose pour lui : comment unir action et contemplation? Il se souvient de la Règle primitive, des exigences de silence et solitude, des débuts de la Réforme à Avila et à Duruelo avec Jean de la Croix. Il prie et réfléchit. Finalement il écrit un mémoire dans lequel il préconise la fondation de Saints Déserts et « casas de yermo » maisons dans la solitude ; ainsi les Carmes pourront conjuguer le style de vie érémitique et celui des mendiants. Cette idée géniale n’est d’abord pas accueillie par le vicaire général Nicolas de Jésus Marie Doria qui craint de voir s’y enfermer ses meilleurs religieux mais, au bout de deux ans, il permet et ordonne l’exécution de ce projet. Un saint Désert est donc fondé à Bolarque près du Tage, non loin de Pastrana. Cependant le p. Thomas ne peut en profiter, car en 1597 il est nommé Provincial de la Vieille Castille. Il fonde un autre désert à Las Batuecas et son provincialat terminé il s’y retire. Il y restera sept ans et y sera prieur de 1604 à 1607. Au terme de ces années, le père Thomas reçoit des lettres des pères Carmes de la Congrégation d’Italie, l’invitant à se joindre à une expédition missionnaire au Congo. Mais il refuse de s’arracher à sa chère solitude. Cependant, peu de temps après, la lecture du premier chapitre du livre des Fondations de sainte Thérèse le fait entrer dans la plénitude de l’esprit de la Madre et la grâce opère en lui «un grand changement». Il fait alors vœu de travailler à «la conversion de tous ceux qui sont hors de l’Église» et écrit aux Carmes d’Italie sa disponibilité d’aller «dans n’importe quelle partie du monde». Dans ce but, il se rend à Rome. Le projet pour l’Afrique n’ayant pu se réaliser, il écrit à Rome un opuscule : «Stimulus missionum» dans lequel il démontre que les Carmes déchaux doivent se livrer à cet apostolat en concordance avec leur esprit essentiellement contemplatif : il développe l’idée que les moines et les solitaires, imprégnés de la charité puisée à l’oraison , sont les instruments les plus aptes à l’activité apostolique. Sa pensée est développée complètement dans «De procuranda salute omnium gentium» qui à la demande du pape servira pour la formation des missionnaires pendant des siècles. Vers la fin des années 1609 arrivent à Rome des lettres des archiducs des Flandres demandant au pape Paul V et au Général des Carmes des religieux pour combattre l’hérésie. Le pape décide d’envoyer Thomas de Jésus. Il passe à Paris où il jette les bases d’une fondation de Carmes et arrive à Bruxelles le 20 août 1610. Il restera treize ans en Belgique, fondant de nombreux couvents de frères et de sœurs ainsi qu’un Saint Désert. En 1623 il revient à Rome comme Définiteur général et c’est là qu’il meurt saintement le 24 mai 1627. Sa vie et son œuvre sont un exemple et un enseignement pour notre époque. L’apôtre contemplatif a besoin de certaines périodes de solitude profonde, qui assurent l’équilibre de sa vie mixte, nourrissent son âme et donnent fécondité à son action pour l’Église. Ses nombreuses œuvres écrites, dont plusieurs concernent la doctrine thérésienne, ont été publiées, en espagnol et en français, au cours du XVIIème siècle. Dernièrement, les Éditions du Carmel viennent de rééditer le «Traité de l’oraison mentale d’après sainte Thérèse d’Avila.»(juin2010) |