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Le Carmel au Québec

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Élisabeth de la Trinité - Pensées
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En Présence de Dieu

Voici quelques extraits de lettres et de notes de retraites d’Élisabeth, tous centrés sur la présence à Dieu dans notre vie. Elle peut nous accompagner sur le chemin de la prière, relation confiante et aimante à Dieu en toutes choses.


La méditation

Et la méditation ? 
Je te conseille de simplifier tous tes livres, 
de te remplir un peu moins, 
tu verras que cela est bien meilleur. 
Prends ton Crucifix, regarde, écoute. 
Tu sais que c’est là notre rendez-vous, 
et puis ne te trouble pas quand tu es prise comme maintenant 
et que tu ne peux faire tous tes exercices : 
on peut prier le bon Dieu en agissant, 
il suffit de penser à Lui. 
Alors tout devient doux et facile, 
puisque l’on n’est pas seul à agir 
[et] que Jésus est là. (L 93)

Ce petit sanctuaire

Je te garde en mon âme 
tout près du bon Dieu, 
dans ce petit sanctuaire tout intime 
où je le trouve à chaque heure 
du jour et de la nuit. 
Je ne suis jamais seule : 
mon Christ est là toujours priant en moi 
et je prie avec Lui. 
Tu me fais de la peine, ma Framboise ; 
je vois bien que tu es malheureuse 
et c’est ta faute, je t’assure. Sois tranquille, 
je ne te crois pas encore toquée, 
mais énervée et surexcitée, 
et quand tu es comme cela tu fais souffrir les autres aussi. 
Ah, si je pouvais t’apprendre le secret du bonheur 
comme le bon Dieu me l’a appris. 
Tu dis que je n’ai ni soucis ni souffrances, 
il est vrai que je suis bien heureuse, 
mais si tu savais comme, alors même que l’on est contrarié, 
on peut être tout aussi heureuse ; 
il faut toujours regarder au bon Dieu. 
Au commencement il faut faire des efforts 
lorsqu’on sent tout bouillonner en soi, 
mais tout doucement à force de patience 
et avec le bon Dieu on en vient à bout. 
Il faut que tu te bâtisses comme moi 
une petite cellule au-dedans de ton âme ; 
tu penseras que le bon Dieu est là, 
et tu y entreras de temps en temps, 
lorsque tu sens tes nerfs, que tu es malheureuse, 
vite sauve-toi là et confie tout cela au Maître. 
Ah, si tu le connaissais un peu, la prière ne t’ennuierait plus, 
il me semble que c’est un repos, un délassement : 
on vient tout simplement à Celui qu’on aime, 
on se tient près de Lui comme un petit enfant 
dans les bras de sa mère et on laisse aller son cœur. 
Tu aimais tant t’asseoir tout près de moi et me faire des confidences, 
c’est comme cela qu’il faut aller [à] Lui, 
si tu savais comme Il comprend bien ... (L 123)

La présence de Dieu

Puisque Notre Seigneur 
demeure en nos âmes, 
sa prière est à nous 
et je voudrais y communier sans cesse, 
me tenant comme un petit vase à la Source, 
à la Fontaine de vie,
afin de pouvoir ensuite la communiquer aux âmes, 
en laissant déborder ses flots de charité infinie. 
« Je me sanctifie pour eux, 
afin qu’eux aussi 
soient sanctifiés dans la vérité ». 
Cette parole de notre Maître adoré, 
faisons-la toute nôtre, 
oui sanctifions-nous pour les âmes, 
et puisque nous sommes tous les membres d’un seul corps, 
dans la mesure où nous aurons abondamment la vie divine 
nous pourrons la communiquer dans le grand corps de l’Église. 
Il y a deux mots qui pour moi résument toute sainteté, tout apostolat :
 « Union, Amour ». (L 191) 

La prière

 Aimez toujours la prière, chère petite Germaine, 
et quand je dis la prière, ce n’est pas tant s’imposer 
quantité de prières vocales à réciter chaque jour, 
mais c’est cette élévation de l’âme vers Dieu 
à travers toutes choses qui nous établissent avec la Sainte Trinité 
en une sorte de communion continuelle, tout simplement 
en faisant tout sous son regard. (L 252)

Dans le silence

Faisons le vide dans notre âme afin de Lui permettre 
de s’élancer en elle pour venir lui communiquer 
cette vie éternelle qui est la sienne ; 
le Père lui a donné pour cela « puissance sur toute chair » 
nous est-il dit en l’Évangile. Et puis, dans le silence de l’oraison, 
écoutons-le, Il est le « Principe », qui parle au-dedans de nous, 
et n’a-t-Il pas dit : « Celui qui m’a envoyé est vrai 
et tout ce que j’ai entendu de Lui, moi je le dis ». (L 250)

Vis au dedans

Vis au-dedans avec Eux dans le ciel de ton âme ; 
le Père te couvrira de son ombre, 
mettant comme une nuée entre toi 
et les choses de la terre pour te garder toute sienne, 
Il te communiquera sa puissance pour que tu l’aimes 
d’un amour fort comme la mort ; 
le Verbe imprimera en ton âme comme en un cristal 
l’image de sa propre beauté, afin que tu sois pure de sa pureté, 
lumineuse de sa lumière ; l’Esprit Saint te transformera 
en une lyre mystérieuse qui, dans le silence, sous sa touche divine, 
produira un magnifique cantique à l’Amour ; alors tu seras 
« la louange de sa gloire ». (L 269)

Louange de gloire
 

Une âme qui demure

 Une louange de gloire, 
c’est une âme qui demeure en Dieu, 
qui l’aime d’un amour 
pur et désintéressé, 
sans se rechercher 
dans la douceur de cet amour ; 
qui l’aime 
par-dessus tous ses dons 
et quand même 
elle n’aurait rien reçu de Lui, 
et qui désire du bien 
à l’Objet ainsi aimé. 
Or comment désirer 
et vouloir effectivement du bien 
à Dieu si ce n’est en accomplissant sa volonté, 
puisque cette volonté ordonne 
toutes choses pour sa plus grande gloire ?
Donc cette âme doit s’y livrer pleinement, éperdument, 
jusqu’à ne plus vouloir autre chose que ce que Dieu veut. 

Une âme de silence

Une louange de gloire, 
c’est une âme de silence 
qui se tient comme une lyre 
sous la touche mystérieuse de l’Esprit Saint 
afin qu’Il en fasse sortir des harmonies divines ; 
elle sait que la souffrance est une corde 
qui produit des sons plus beaux encore, 
aussi elle aime la voir à son instrument 
afin de remuer plus délicieusement 
le Cœur de son Dieu. 

Une âme qui fixe Dieu

Une louange de gloire, 
c’est une âme qui fixe Dieu 
dans la foi et la simplicité ; 
c’est un réflecteur de tout ce qu’Il est ; 
c’est comme un abîme sans fond 
dans lequel Il peut s’écouler, s’épancher ; 
c’est aussi comme un cristal 
au travers duquel Il peut rayonner et contempler 
toutes ses perfections et sa propre splendeur. 
Une âme qui permet ainsi 
à l’Être divin de rassasier en elle 
son besoin de communiquer 
« tout ce qu’Il est et tout ce qu’Il a », 
est en réalité la louange 
de gloire de tous ses dons. (CF 43)

L'intimité avec Dieu

Que l’on est heureux quand on vit 
dans l’intimité avec le bon Dieu, 
quand on fait de sa vie un cœur à cœur, 
un échange d’amour, 
quand on sait trouver le Maître au fond de son âme. 
Alors on n’est plus jamais seule 
et on a besoin de solitude afin 
de jouir de la présence de cet Hôte adoré... 
il faut Lui donner sa place dans ta vie, 
dans ton cœur qu’II a fait si aimant, 
si passionné. Oh ! si tu savais comme Il est bon, 
comme Il est tout Amour ! 
Je Lui demande de se révéler à ton âme, 
d’être l’Ami que tu saches toujours trouver, 
alors tout s’illumine et c’est si bon de vivre ! (L 161)
 


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