Bienheureux Jean Soreth

Le Bienheureux Jean Soreth, Carme

1394-1471
 La figure du bienheurex Jean Soreth, Carme, grand réformateur de l'Ordre ressemble à « la brise légère »  qui amène la rencontre avec Dieu.  Il est une figure  importante de l'Ordre, pleine du feu qui émane du coeur contemplatif qui l’habite.



 

C'est sous son généralat que  se vivra peu à peu une grande réforme et que naîtront  aussi le second Ordre du Carmel (les soeurs carmélites) et le Tiers-Ordre carmélitain  (l'Ordre séculier du Carmel ou  l’Ordre des Carmes déchaux séculiers, depuis les nouvelles Constitutions OCDS de 2003.

 Le normand Jean Soreth naît dans les environs de Caen en 1394 ou 1395. Les recherches historiques restent imprécises sur le sujet. Épris de Dieu, il entre chez les Carmes de la ville de Caen. En 1438, il devient maître en théologie à l’université de Paris et, en 1440, ses frères de la province de France l’élisent Provincial. Homme intelligent et équilibré, il sait unir prudence et douceur avec intériorité et efficacité, et même avec sévérité si nécessaire. Ces qualités humaines, jointes à ses qualités spirituelles, le prédisposent à accomplir l’œuvre de Dieu, en ces temps difficiles pour l’Ordre du Carmel.

Oui, en ces années, qu’est devenu l’Ordre né sur le Mont Carmel du souffle contemplatif d’Élie et du regard aimant de la Vierge Marie? La reconquête de la Terre Sainte par les Sarrazins oblige les Carmes de la première génération à retourner en Europe, là d’où ils étaient venus.  Ces hommes de la solitude et de la prière sont tout à coup propulsés en leur propre terre en petites communautés priantes au service de la prédication.


La première implantation des Carmes en Europe a lieu en 1235 à Valenciennes dans les Flandres, et aux Aygalades près de Marseille. Par la suite nous les retrouvons dans divers pays d’Europe : Angleterre, Espagne, Allemagne, Italie, etc. Ces ermites ont du mal à retrouver la solitude et la contemplation du Mont Carmel. Ils sont déracinés et éprouvent de grandes difficultés à s’adapter à ces nouvelles conditions de vie. Dès 1247, ils demandent au pape Innocent IV la modification de leur Règle de vie, afin qu’il leur soit permis d’habiter dans les villes. Cette modification change radicalement leur genre de vie purement érémitique. Ils deviennent alors un « ordre mendiant » tels les Franciscains et les Dominicains.

Ces Carmes maintenant installés dans les villes, d’ermites silencieux qu’ils étaient, deviennent des prédicateurs et des confesseurs. Plusieurs deviennent aussi maîtres de renom en théologie. Au 14e siècle, deux Carmes sont. L’Ordre s’accroît considérablement. En 1432, une nouvelle mitigation de la Règle s’effectue. L’orientation première vers la contemplation ne disparaît pas pour autant, mais on oscille souvent entre des périodes de ferveur et de relâchement. Le 15e siècle va connaître ainsi plusieurs essais de réforme.

 C’est dans une de ces périodes de relâchement que notre bon fère Jean Soreth surgit, appelé par l’Esprit à réorienter les boussoles contemplatives. En 1451, le Chapitre général des Carmes, réunis à Avignon, élit le fère Jean Soreth Supérieur général de l’Ordre du Carmel. Avant lui, plusieurs supérieurs généraux avaient cherché à ramener l’Ordre tout entier vers une observance plus stricte de la Règle mitigée. Mais la remontée réelle du Carmel commence en 1451 par l’élection au généralat de Jean Soreth.

Pour lui, « la fin de tout religieux et la perfection de son cœur, c’est de tendre à une oraison continuelle, ininterrompue, persévérante autant que le permet la faiblesse de l’être humain. C’est s’avancer avec effort vers l’immobile tranquillité et la pureté perpétuelle de l’âme. » Son désir contemplatif entraîne d’autres frères dans la même foulée.

Dès son provincialat, quelques couvents de sa province retournent à une stricte observance. L’Allemagne compte elle aussi quelques couvents « observants » comme on les appelle. Mais dès ce Chapitre de 1451, où il est élu, le bienheureux Jean Soreth commence son œuvre infatigable de réforme de l’Ordre. Il n’a qu’un seul désir : rallumer la flamme primitive du Carmel.

Ses premiers décrets promulgués lors du chapitre de 1451, s’élèvent contre les privilèges et exemptions qui sont la cause majeure de la décadence de l’Ordre. Le nouveau Général visite sans relâche (le plus souvent à pieds)  les Couvents à travers l’Europe. Sa personnalité équilibrée, sa prudence, son sens de Dieu et son sens de l’être humain demeurent le secret de son succès. Il n’impose pas, il propose, quoique dans certains cas il sache rester ferme. Il regroupe les frères qui désirent vivre une vie plus observante dans des couvents dits « réformés » espérant que peu à peu, par ce noyau, tout l’Ordre soit renouvelé. A cette fin, en 1462, il rédige de nouvelles Constitutions, assez différentes de celles de 1362 encore en vigueur. Le Chapitre général de Bruxelles les approuve la même année. Les points mis en lumière insistent sur l’office divin, le vœu de pauvreté, le silence et la solitude, la garde du couvent et de la cellule, les études, le travail et les visites des supérieurs. Il va sans dire que la réforme n’est pas acceptée partout et par tous. Mais malgré toutes les souffrances qui accompagnent sa marche, il reste « ferme dans la foi, l’espérance et la charité ». Il réussit à maintenir la réforme de manière stricte dans des couvents isolés de chaque province, et de manière moins exigeante, dans l’Ordre tout entier. Mais tous ces voyages, tous ces travaux ne lui font pas mettre en oubli son désir essentiel : l’union au Seigneur par l’oraison.

Mais il y a aussi des femmes,  isolées ou en groupes, qui vivent de l’Esprit du Carmel. Un peu partout en Europe, au Moyen Age, on rencontre, adossées à des églises ou à des couvents, des maisonnettes, dans lesquelles s’enferment des recluses qui désirent servir Dieu dans la solitude et la prière.

En France, en Angleterre et en Flandres, des recluses se mettent sous la direction des Carmes. Elles reçoivent l’habit de l’Ordre et suivent la Règle du Carmel.  D’autres femmes vivent dans le monde une vie consacrée à Dieu, sous la conduite des pres de l’Ordre, soit isolément, soit réunies en communauté : les béates en Espagne, les béguines aux Pays-Bas.

En 1452, une communauté de béguines demande à Jean Soreth, alors Prieur général du Carmel, son affiliation à l’Ordre. C’est le premier monastère de Carmélites, qui devient le premier maillon du « second Ordre du Carmel ». Le Bienheureux Jean Soreth rédige les premières Constitutions des Carmélites. Il faut attendre 1463 pour voir la naissance du premier carmel féminin de France, quand Françoise d’Amboise, après une rencontre avec Jean Soreth, fait venir à Vannes neuf béguines de Flandres (Liège). Plusieurs carmels bretons voient ensuite le jour. La voie s’ouvre pour les cCarmels issus de la Réforme de Jean Soreth et qui vont bientôt se propager en Italie, en Espagne, en France et peu à peu dans le monde entier.

 Une autre pousse aussi féconde vient au jour sous l’œil vigilant du Bienheureux  Jean Soreth : le Tiers Ordre carmélitain ou l’ordre laïc du Carmel. Il rédige une Règle pour le troisième Ordre autour du précepte central de la Règle carmélitaine : « méditer jour et nuit la loi du Seigneur et veiller dans la prière. » Le Tiers Ordre  se répand très rapidement à travers toute l’Europe et bénéficie surtout de la vie mariale carmélitaine. Le Tiers Ordre devient une véritable école de vie évangélique pour de nombreux laïcs. Nous utilisons maintenant le nom d’Ordre séculier du Carmel pour les désigner (Ordre des Carmes déchaux, cf. Constitutions  OCDS, 2003).

 Le 23 juillet 1471, à Angers,  celui qui avait passé plus de 25 ans à essayer de convaincre ses frères carmes, avec douceur et fermeté, de revenir à l’idéal contemplatif de l’Ordre, ouvre les yeux pour contempler à jamais son Maître et son Seigneur et recevoir sa récompense. En 1866, le pape Pie IX le proclame Bienheureux.

En bref :

  •  Naissance : 1394 ou 1395  aux environs de Caen.
  •  Entrée chez les Carmes à Caen.
  •  Maitre en Théologie à l’université de Paris en 1438.
  •  Provincial des Carmes de France en 1440.
  •  Prieur général de l’Ordre du Carmel 1451.
  •  Mort le 23 juillet 1471.
  • Béatifié en 1886 par Pie IX.
 

Pensées

« Apprends du Christ lui-même comment tu dois l’aimer. »

« Que le Seigneur Jésus Christ soit pour ton cœur amour et tendresse. »

« Aimer de tout son cœur, c’est ne pas être accessible à la flatterie ; aimer de toute son âme, c’est ne pas être égaré par les manœuvres trompeuses ; aimer de toutes ses forces, c’est ne pas être brisé par l’injustice. »

« Dieu est sagesse et il veut être aimé non seulement avec douceur, mais aussi avec sagesse. »

 
Prière

Que la prière du bienheureux Jean Soreth vienne à notre aide, Seigneur; puisqu’il suscita un renouveau de la vie religieuse et favorisa l’implantation des Carmélites, qu’il nous obtienne d’être chaque jour plus fidèles à marcher, avec la Vierge Marie, à la suite du Christ. Lui qui….

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École d’oraison

Apprendre, approfondir, à l’école des saints du Carmel la pratique de l’oraison pour la vivre chez soi ou en groupe.

Pour la mise en oeuvre les frères carmes proposent un parcours de 6 soirées (modulable selon les possibilités), comportant enseignement, expérience pratique.

Cette école s’adresse aux paroisses, groupes, communautés religieuses. Les frères se déplaceront à cette fin.

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