Je te garde en mon âme tout près du bon Dieu, dans ce petit sanctuaire
tout intime où je le trouve à chaque heure du jour et de la nuit. Je ne
suis jamais seule : mon Christ est là toujours priant en moi et je prie
avec Lui. Tu me fais de la peine, ma Framboise ; je vois bien que tu es
malheureuse et c'est ta faute, je t'assure. Sois tranquille, je ne te
crois pas encore toquée, mais énervée et surexcitée, et quand tu es
comme cela tu fais souffrir les autres aussi.
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Ah, si je pouvais t'apprendre
le secret du bonheur comme le bon Dieu me l'a appris. Tu dis que je n'ai
ni soucis ni souffrances, il est vrai que je suis bien heureuse, mais si tu
savais comme, alors même que l'on est contrarié, on peut être tout
aussi heureuse ; il faut toujours regarder au bon Dieu. Au commencement il
faut faire des efforts lorsqu'on sent tout bouillonner en soi, mais tout
doucement à force de patience et avec le bon Dieu on en vient à bout. Il
faut que tu te bâtisses comme moi une petite cellule au-dedans de ton âme
; tu penseras que le bon Dieu est là, et tu y entreras de temps en temps,
lorsque tu sens tes nerfs, que tu es malheureuse, vite sauve-toi là et
confie tout cela au Maître. Ah, si tu le connaissais un peu, la prière ne
t'ennuierait plus, il me semble que c'est un repos, un délassement : on
vient tout simplement à Celui qu'on aime, on se tient près de Lui comme
un petit enfant dans les bras de sa mère et on laisse aller son cour. Tu
aimais tant t'asseoir tout près de moi et me faire des confidences, c'est
comme cela qu'il faut aller [à] Lui, si tu savais comme Il comprend bien... (L
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