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Le matin du 15 janvier 1944, tous, élèves et professeurs, sont rassemblés dans la cour du Petit Collège d'Avon. Les trois enfants juifs qu'il a accueillis viennent juste de traverser la cour, ils sont terrorisés, encadrés par la Gestapo, ils vont disparaître à jamais dans l'Enfer d'Auschwitz. À son tour, le père Jacques surgit sur le perron, une valise à la main, son béret brun sur la tête, suivi de deux Allemands. C'est alors que souriant, il lance: « Au revoir les enfants! À bientôt! » Spontanément, tous lui répondent: « Au revoir, mon Père! » et applaudissent frénétiquement. Korff le chef de la Gestapo est furieux, il crie: « Taisez-vous, taisez-vous, silence! », puis... « Le Collège a caché des Juifs et des réfractaires. Le coupable, votre Directeur a été arrêté » Le Collège, un des foyers les plus actifs de la Résistance? Qui sert de refuge aux maquisards? Aux Israélites? Aux communistes? Le Père Jacques Résistant? Le Père Philippe de la Trinité, son Provincial et ancien sous-directeur résistant et même membre du CNR, lui qui, à la Libération, siégera à l'Assemblée Consultative ? Ces deux hommes ont, pendant des années, travaillé ensemble dans une collaboration très étroite. Ils sont jeunes.
Désormais, il va accomplir jusqu'au bout sa tâche d'éducateur:
D'aucuns l'ont blâmé d'une imprudence qui compromettait l'année scolaire du Petit Collège, de manquer d'âge et d'expérience. En fait le Père Jacques n'a été imprudent que dans la mesure où la lâcheté des gens l'y a forcé. |
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