Laurent souligne que, si l'on s'efforce « doucement, tranquillement et amoureusement » de penser régulièrement à Dieu présent, alors Dieu lui-même, de l'intérieur de notre cœur et de notre esprit, nous réveille, nous fait expérimenter sa Présence, comme notre cuisinier l'a si souvent éprouvé. Il peut ainsi affirmer : « Ce regard de Dieu, doux et amoureux, allume insensiblement un feu divin en l'âme, qui l'embrase ardemment de l'amour de Dieu. »
Laurent apprend à rencontrer Dieu à petites doses, fidèlement renouvelées et à trouver dans ces rencontres une joie qui va aboutir dans l'amour et l'adoration de Dieu. Lui-même rayonnait son Seigneur. L'abbé de Beaufort écrit : « En ne contemplant depuis longtemps que l'Éternel, il était devenu éternel comme lui. » Laurent se dit un homme « content ». Un homme simple, mais lumineux de la lumière de Dieu. Il ose enfin dire : « Je ne crois plus ; mais je vois, j'expérimente ce que la foi nous enseigne. »
La souffrance – car il souffre d'une sciatique et il boite – semble vaincue ; il l'a transformée en amour. Il continue de rendre de petits services : « Je retourne ma petite omelette dans la poêle pour l'amour de Dieu. [Il faut] se servir de toutes les œuvres de son état pour l'amour de Dieu et pour entretenir sa présence en nous ».