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Lucie est la dépositaire principale, à cause de son âge et de ses qualités d’équilibre, de discrétion, de responsabilité. Saisis au plus haut point, sous son influence raisonnable et déterminée et celle des prêtres, ils vivent ce message de pénitence et de conversion jusqu’à l’héroïsme. Mais Dieu est le maître du destin. Peu de temps après, il lui enlève tour à tour son père, puis ses deux cousins, morts de la grippe espagnole (1919-20). Inconsolable, elle s’en va pleurer et prier sur leur sépulture. En 1941, elle écrit, au présent: « Mon chagrin ne peut se décrire. C’est une triste épine qui me perce encore le Coeur après tant d’années...». Combien de temps devra-t-elle rester séparée d’eux? La Vierge lui a seulement dit: «Tu resteras ici-bas quelque temps…» Et elle lui précise sa mission: « … car Dieu veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Coeur Immaculé ». Après la mort de ses deux cousins, Lucie continua de vivre dans son petit hameau et de venir sur les lieux des apparitions. Toute simple, elle disait le chapelet avec la foule des croyants. Elle souffre de sa « solitude» comme aussi de l'empressement des foules et du silence prolongé de l'autorité ecclésiastique, de l'hostilité parfois violente de certaines personnes. Tout comme auparavant, elle va à l'école pour apprendre à lire et à écrire, garde le troupeau de sa mère. Mgr José Alves Carrera da Silvia, archevêque de Lisbonne, vint entendre la déposition de Lucie, la dernière survivante des trois voyants. C'est lui qui lui proposa qu'il valait mieux qu'elle s'en aille de Fatima, que là, elle ne serait jamais tranquille. Surprise, consternée, la jeune Lucie accepte la proposition de l'évêque. C'est ainsi qu'au printemps de 1921, le coeur gros, après avoir récité ses derniers Ave dans la Chapelle de la Vierge, elle fait ses adieux à sa maman, va prier une dernière fois sur la tombe de ses cousins et quitte son pays natal pour se rendre à Vélar, près de Porto, dans un pensionnat des soeurs de Sainte-Dorothée. Pour qu'elle reste dans l'anonymat, elle portera désormais le nom de Maria das Dores ( Marie des Douleurs ). Elle reste quatre ans à Vilar, seule la Supérieure connaît sa véritable identité. Un jour, elle exprimeà la Supérieure son désir d'entrer chez les soeurs de Sainte-Dorothée. Sa mère après avoir longuement parlé avec Mgr José, accède au désir de sa fille de se faire religieuse. En octobre 1925, elle part pour Pontevedra où elle commençe son postulat. Elle y fait profession et vivra pendant 27 ans dans cette Congrégation dont 25 passés en Espagne. C'est à Pontevedra et à Tuy qu'elle reçut de nouvelles visites de Notre Dame et de l'Enfant Jésus qui venaient compléter le message de Fatima. |
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