Lettre de Jean-Paul II pour le 750e anniversaire

LETTRE DE SA SAINTETÉ JEAN-PAUL II
aux Très Révérends Pères

750ème anniversaire de la remise du Scapulaire





Joseph Chalmers,
Prieur général de l'Ordre des Frères
de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel,

et
Camilo Maccise,
Préposé général de l'Ordre des Frères déchaux
de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel

pour l'Année Mariale Carmélitaine
Rome le 25 mars 2001
  1. L'événement providentiel de grâce, qu'a été pour l'Eglise l'Année jubilaire, la conduit à regarder avec confiance et espérance le chemin à peine entrepris dans le nouveau millénaire : «Au début de ce nouveau siècle - ai-je écrit dans la Lettre apostolique Novo millenio ineunte - notre marche doit être plus alerte... La Vierge très sainte nous accompagne sur ce chemin. C'est à elle que (...) j'ai confié le troisième millénaire"»(n. 58).

    J'ai donc appris avec une profonde joie que l'Ordre du Carmel, dans ses deux rameaux, antique et réformé, entend exprimer son amour filial envers sa Patronne, invoquée comme Fleur du Carmel, Mère et Guide sur le chemin de la sainteté, en lui consacrant l'année 2001. A cet égard je ne puis m'empêcher de souligner une heureuse coincidence : la célébration de cette année mariale pour tout le Carmel advient, selon ce que transmet une vénérable tradition de votre Ordre, pour le 750ème anniversaire de la remise du Scapulaire. C'est pourquoi cette célébration constitue pour l'entière Famille carmélitaine une merveilleuse occasion non seulement pour approfondir sa spiritualité mariale mais pour la vivre toujours plus à la lumière de la place que le Vierge Mère de Dieu et des hommes occupe dans le mystère du Christ et de l'Eglise. Vous la suivrez ainsi comme l'«Etoile de la nouvelle évangélisation» (Cf. Novo millenio ineunte, n. 58).

     
  2. Depuis les origines jusqu'à nos jours, dans leur itinéraire vers la «montagne véritable, le Christ, notre Seigneur» (Missel Romain, collecte de la Messe en l'honneur de Notre-Dame du Mont Carmel, 16 juillet), les diverses générations du Carmel ont cherché à modeler leur vie sur les exemples de Marie.

    C'est pourquoi au Carmel, et en toute âme mue par une tendre affection envers la très sainte Vierge et Mère, fleurit la contemplation de Celle qui, depuis le commencement, sut être à l'écoute de le Parole de Dieu et obéissante à sa volonté (Lc 2, 19.51). Marie, en effet, éduquée et pétrie par l'Esprit Saint (cf. Lc 2, 44-50), fut à même de lire sa propre histoire dans la foi (cf Lc 1, 46-55). Docile aux inspirations divines, elle «avança dans son pèlerinage de foi, gardant fidèlement l'union avec son Fils jusqu'à la croix où, non sans un dessein divin, elle était debout (cf Jn 19,25), souffrant cruellement avec son Fils unique, associée d'un cœur maternel à son sacrifice» (Lumen gentium 58).

     
  3. La contemplation de la Vierge nous la présente tandis que, Mère prévenante, elle voit grandir son Fils à Nazareth (cf. Lc 2, 40.52), le suit sur les routes de Palestine, l'assiste aux noces de Cana (cf. Jn 2,5), et au pied de la croix devient la Mère associée à son offrande et donnée à tous les hommes quand Jésus lui-même la remet à son disciple bien-aimé (cf. Jn 19,26).

    Mère de l'Eglise, la sainte Vierge est unie aux disciples «persévérant dans la prière» (Ac 1,14). Femme nouvelle qui anticipe en elle ce qui se réalisera un jour pour nous tous dans le pleine jouissance de la vie trinitaire, elle est élevée au ciel, d'où elle étend le manteau protecteur de sa miséricorde sur ses fils en pèlerinage vers la sainte montagne de la gloire.

    Une telle attitude contemplative de l'esprit et du cœur porte à admirer l'expérience de foi et d'amour de la Vierge, qui vit déjà ce que chaque fidèle désire et espère réaliser dans le mystère du Christ et de l'Eglise (cf. Sacrosanctum Concilium, 103 ; Lumen gentium, 53). C'est pourquoi justement Carmes et Carmélites ont choisi Marie comme Patronne et Mère spirituelle, et demeurent toujours les yeux du cœur fixés sur cette Vierge très pure qui les conduit tous vers la parfaite connaissance et imitation du Christ.

    D'intimes relations spirituelles fleurissent ainsi, qui accroissent sans cesse la communion avec le Christ et avec Marie. Pour les membres de la Famille carmélitaine, Marie, la Vierge Mère de Dieu et des hommes, n'est pas seulement un modèle à imiter, mais une douce présence de Mère et de Sœur à laquelle se confier. Sainte Thérèse de Jésus exhortait avec raison : «Imitez-la et considérez quelle doit être la grandeur de cette Souveraine et quel bien c'est de l'avoir pour Patronne» (Château intérieur III, 1,3).

     
  4. Cette intense vie mariale, qui s'exprime dans une prière confiante, une louange enthousiaste et une diligente imitation, conduit à comprendre comment la forme plus authentique de la dévotion à la très sainte Vierge, exprimée par l'humble signe du Scapulaire, est la consécration à son Cœur immaculé (cf PIE XII, Lettre Neminem profecto latet [11 février 1950 : AAS 42, 1950, pp. 390-391] ; Const. Dogmatique sur l'Eglise Lumen gentium, 67). C'est ainsi que dans notre cœur se réalise une communion et familiarité croissante avec la sainte Vierge, «comme une nouvelle manière de vivre pour Dieu et de continuer ici sur terre l'amour que Jésus son Fils porte à Marie sa Mère» (cf Discours à l'Angelus, dans Insegnamenti XI/3, 1988, p. 173). Selon l'expression du bienheureux martyr carme Titus Brandsma, on se met ainsi en profonde harmonie avec Marie la Theotokos, en devenant comme elle transmetteurs de la vie divine : «A nous aussi le Seigneur envoie son ange... Nous aussi nous devons recevoir Dieu dans nos cœurs, le porter dans nos cœurs, le nourrir et le faire grandir en nous de telle manière qu'il naisse de nous et vive avec nous comme Dieu-avec-nous, l'Emmanuel» (De la conférence du B. Titus Brandsma au Congrès Mariologique de Tongerloo, août 1936).

    Avec le temps, par la diffusion de la dévotion du saint Scapulaire, ce riche patrimoine marial du Carmel est devenu un trésor pour toute l'Eglise. Par sa simplicité, par sa valeur anthropologique et par son rapport avec le rôle de Marie envers l'Eglise et l'humanité, cette dévotion a été profondément et largement reçue par le peuple de Dieu, jusqu'à trouver une expression dans la mémoire du 16 juillet, présente dans le Calendrier liturgique de l'Eglise universelle.

     
  5. Le signe du Scapulaire met en évidence une synthèse efficace de spiritualité mariale, qui nourrit la dévotion des croyants, en les rendant sensibles à la présence aimante de la Vierge Marie dans leur propre vie. Le Scapulaire est essentiellement un «habit». Celui qui le reçoit est agrégé ou associé à un degré plus ou moins intime à l'Ordre du Carmel, dédié au service de Notre Dame pour le bien de toute l'Eglise (cf. Formule de l'imposition du Scapulaire dans le «Rituel de la bénédiction et imposition du Scapulaire», approuvé par la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, 5/1/1996). Celui qui revêt le Scapulaire est ainsi introduit dans la terre du Carmel pour «en goûter les fruits et la beauté» (cf. Jér 2,7) et expérimenter la présence douce et maternelle de Marie, dans l'engagement quotidien de revêtir intérieurement le Christ Jésus et de le manifester vivant en soi pour le bien de l'Eglise et de toute l'humanité (cf. Formule de l'imposition du Scapulaire, cit.).

    Le signe du Scapulaire évoque donc deux vérités : d'une part, la protection continuelle de la très sainte Vierge, non seulement au long de la vie mais aussi à l'heure du trépas vers la plénitude de la gloire éternelle ; d'autre part, la conscience que la dévotion à Marie ne peut se limiter à des prières et des hommages en son honneur en certaines circonstances, mais doit constituer un «habit», c'est-à-dire une manière habituelle et permanente de conduite chrétienne, tissée de prière et de vie intérieure, grâce à la pratique fréquente des Sacrements et l'exercice concret des œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle. Ce faisant le Scapulaire devient signe d'«alliance» et de communion réciproque entre Marie et les fidèles : il traduit de manière concrète le don que Jésus fit sur la croix à Jean en lui confiant sa Mère, et en lui à nous tous, et le don qu'il fit à sa Mère en lui confiant l'apôtre bien-aimé et nous-mêmes, la constituant ainsi notre Mère spirituelle.

     
  6. Les témoignages de sainteté et de sagesse de tant de Saints et de Saintes du Carmel, qui ont grandi à l'ombre tutélaire de la Mère, sont un splendide exemple de cette spiritualité mariale, qui façonne intérieurement les personnes et les configurent au Christ, premier-né d'une multitude de frères.

    Je porte, moi aussi, sur mon cœur, depuis si longtemps, le Scapulaire du Carmel ! Par l'amour que je nourris pour notre commune Mère céleste, dont j'expérimente continuellement la protection, je souhaite que cette année mariale aide tous les religieux et religieuses du Carmel et les fidèles qui la vénèrent filialement à grandir dans son amour et à rayonner dans le monde la présence de cette Femme du silence et de la prière, invoquée comme Mère de la miséricorde, Mère de l'espérance et de la grâce : Avec ces vœux, je donne volontiers la Bénédiction Apostolique à tous les frères, les moniales, les sœurs, les laïcs, hommes et femmes, de la Famille carmélitaine, qui œuvrent grandement à répandre parmi le peuple de Dieu la vraie dévotion à Marie, Etoile de la mer et Fleur du Carmel.
Du Vatican, le 25 mars 2001
Jean-Paul II

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École d’oraison

Apprendre, approfondir, à l’école des saints du Carmel la pratique de l’oraison pour la vivre chez soi ou en groupe.

Pour la mise en oeuvre les frères carmes proposent un parcours de 6 soirées (modulable selon les possibilités), comportant enseignement, expérience pratique.

Cette école s’adresse aux paroisses, groupes, communautés religieuses. Les frères se déplaceront à cette fin.

Contacter le  Père Prieur
prieur.cap@lecarmel.org 

BULLETIN AMITIÉS CARMÉLITAINES

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le 28 février

1952:  Suite à la demande du Saint Père Pie XII à savoir "un apostolat extérieur pour les carmélites déchaussées", le Père Marie-Eugène visiteur apostolique des carmélites de France remet au Cardinal A. G. Piazza une longue lettre pour le pape où il décrit la véritable situation des carmélites déchaussées, qui la remet personnellement au St-Père.

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