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La charité fraternelle
Thérèse n’a pas été celle qui a dit : Seigneur ! Seigneur ! et qui
ensuite se complaît dans une relation purement sentimentale avec Jésus.
La petite voie d’enfance qu’elle a ouverte a été pour Thérèse un
chemin très concret de charité fraternelle. Au service de ses sœurs, elle
a suivi le chemin étroit du don de soi dans une incessante attention à l’amour
qu’elle leur devait, en complète union avec le commandement de l’amour
mutuel donné par Jésus : « Je vous donne un commandement nouveau :
aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. À cet amour que vous
aurez les uns pour les autres, tous vous reconnaîtront pour mes disciples.
»
Le témoignage incomparable de Thérèse et sa fécondité spirituelle se
situent là. Étant intimement persuadée de sa propre faiblesse quant à la
charité fraternelle, elle a tout misé sur Jésus, sur sa grâce
prévenante. «Oui, je le sens, dit-elle, lorsque je suis charitable, c’est
Jésus seul qui agit en moi. » (Ms C, 12v°)
Thérèse savait que Jésus seul pouvait rendre son amour parfait, ce qu’elle
désirait de toute son âme. Et nous lui laissons le mot de la fin : « Ah !
je comprends maintenant que la charité parfaite consiste à supporter les
défauts des autres, à ne point s’étonner de leurs faiblesses, à s’édifier
des plus petits actes de vertus qu’on voit pratiquer, mais surtout j’ai
compris que la charité ne doit pas rester enfermée dans le fond du cœur.
» (Ms C, 12r°)
P. Lambert Darche, ocd
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