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L'entourage de la petite Thérèse
Zélie Martin
En présentant précédemment le père de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus
, nous avons déjà entrevu la figure si riche de Zélie, la mère «
incomparable » dont l’influence a marqué si heureusement Thérèse : «
Le Bon Dieu m’a fait la grâce d’ouvrir mon intelligence de très bonne
heure et de graver si profondément en ma mémoire les souvenirs de mon
enfance qu’il me semble que les choses que je vais raconter se passaient
hier.
Sans doute, Jésus voulait, dans son amour, me faire connaître la Mère
incomparable qu’Il m’avait donnée, mais que sa main Divine avait hâte
de couronner au Ciel ! » (Ms A, 4v°)
Pour raconter ses « premiers souvenirs [...] empreints des sourires et
des caresses les plus tendres », pour parler de sa maman qui allait lui
être ravie quand elle serait âgée de 4 ans seulement, Thérèse puisera
dans le trésor des 216 lettres écrites par Madame Martin entre 1863 et
1877. Cette correspondance familiale, rédigée avec la spontanéité du cœur,
a pour destinataires principaux son frère Isidore et son épouse, ainsi que
ses filles Marie et Pauline, pensionnaires à la Visitation du Mans. Ces
lettres expriment mieux que toute analyse la richesse de sa personnalité,
la finesse de ses intuitions et la qualité de sa vie spirituelle.
Rencontre avec Louis
La prévoyante tendresse du Père avait préparé l’un pour l’autre
Louis Martin et Zélie Guérin. Comme Louis, Zélie hérite de ses parents
une foi robuste. Comme lui, elle est dotée d’une sensibilité affinée
qui n’exclut pas le sens pratique : pendant que Louis déploie patience et
précision dans une horlogerie-bijouterie, Zélie se perfectionne dans l’art
de la dentelle, le Point d’Alençon, et devient chef d’entreprise. Comme
Louis, enfin, Zélie a désiré s’engager dans la vie religieuse et a
été refusée par les Filles de la Charité chez qui elle avait demandé
son admission. C’est alors qu’elle fait à Dieu cette prière : « Mon
Dieu, puisque je ne suis pas digne d’être votre épouse comme ma sœur, j’entrerai
dans l’état du mariage pour accomplir votre volonté sainte. Alors, je
vous en prie, donnez-moi beaucoup d’enfants et qu’ils vous soient tous
consacrés ! »
Épouse et mère
Zélie a 27 ans quand elle épouse Louis Martin. Dès lors, tout en
poursuivant son commerce de Point d’Alençon et en coordonnant le travail
pour ses ouvrières, elle se consacre avant tout à son foyer. Chaque enfant
qui vient apparaît comme un don de Dieu. Trois semaines avant la naissance
de Thérèse, la neuvième et dernière, elle écrit à sa belle-sœur : «
Moi, j’aime les enfants à la folie ; j’étais née pour en avoir
beaucoup... »
Madame Martin, en parfaite harmonie avec son époux, établit dans son
foyer un climat de tendresse imprégnée de fermeté, un climat de joie où
la fête éclate dans le chant et le rire, surtout un climat de confiance
envers Dieu et d’attention à Sa présence. Elle sait diversifier sa «
pédagogie » selon le tempérament de chacune de ses filles.
Ayant perçu dès 1865 les premiers symptômes du cancer qui l’emportera
en 1877, Zélie prépare peu à peu ses aînées, Marie et Pauline, à la
remplacer dans la marche de la maison et l’éducation des plus jeunes.
Une blessure profonde
Le sourire de la Vierge à Thérèse le 10 mai 1883 pourra seul panser la
blessure inguérissable que fut pour Thérèse enfant, la mort de sa maman.
Dans une poésie de 1895, Thérèse rappellera le souvenir de cette « mère
incomparable » : « De Maman j’aimais le sourire ; Son regard profond
semblait dire : L’éternité me ravit et m’attire... Je vais aller dans
le Ciel bleu, Voir Dieu ! » (PN 18.8)
Laurent Grimard / Trois-Rivières
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