Histoire d’une famille :
Céline Martin

Céline, c’est « l’intrépide, la courageuse », celle que Thérèse
appellera affectueusement « le doux écho de mon âme ». Elle est âgée
de quatre ans quand naît Thérèse. Les deux sœurs deviennent inséparables
: pour les leçons aussi bien que pour les jeux, Thérèse veut être en
compagnie de Céline.
Protectrice de Thérèse devenue timide et pleureuse après la mort de sa
maman, Céline est la première à constater les effets prodigieux de la
grâce de Noël 1886 qui assure la maturité psychologique de Thérèse.
Elle est sa compagne au cours du voyage à Rome et l’encourage à
parler au Pape afin d’obtenir l’autorisation d’entrer au Carmel.
Au Carmel
Après son entrée au monastère, Thérèse se sent un cœur maternel
pour Céline qu’elle aspire à voir parcourir auprès d’elle la route
vers les sommets de l’Amour. Céline doit auparavant assister son père
jusqu’à sa mort en 1894. Pendant ces années, elle se passionne pour la
photographie, la littérature et la peinture.
Le 14 septembre 1894, Céline entre au Carmel, elle a 25 ans. Elle
reçoit le nom de sœur Marie de la Sainte-Face et est confiée à Thérèse
devenue sous-maîtresse du noviciat. Pour elle qui a été si longtemps
maîtresse de maison, l’entrée dans le cadre rigide de la vie monastique
et dans les exigences de la vie communautaire ne se fait pas sans
difficultés.
Celles-ci sont l’occasion pour Thérèse d’expliciter son
enseignement, « sa petite doctrine ». Céline devient la disciple de sa sœur
et nous livrera plus tard le recueil de ses « Conseils et Souvenirs ».
Céline est le témoin attentif des merveilles de la grâce en sa sœur.
Elle est là lorsque, le 9 juin 1895, Thérèse la sollicite pour s’offrir
avec elle à l’Amour Miséricordieux. Elle accompagne sa sœur dans les
étapes de sa douloureuse maladie, lui prodiguant ses soins délicats, jusqu’au
terme de la longue agonie, le 30 septembre 1897.
Céline, héraut de Thérèse
Céline, devenue sœur Geneviève, n’aura pas le temps de s’arrêter
à la souffrance où la plonge le départ de Thérèse. « L’ouragan de
gloire » commence à déferler sur le Carmel de Lisieux. Céline se met à
l’œuvre pour répandre le message de Thérèse.
Elle utilise ses talents de peintre pour nous donner sa physionomie,
comme elle avait su pratiquer l’art de la photographie pour nous conserver
son « vrai visage ». Ces portraits, ainsi que les images reproduisant sa
peinture de la Sainte Face, vont circuler dans le monde entier à des
millions d’exemplaires.
Céline est aussi une femme de lettres. Adonnée tout entière aux
travaux concernant Thérèse, elle a de nombreux écrits à son actif : Vie
en images, Petite Voie en Images, Petit Catéchisme de l’Acte d’Offrande,
Vie de son Père, Vie de sa Mère, etc.
Un beau crépuscule
Thérèse a fait une promesse à Céline : « Je viendrai vous chercher
le plus tôt possible ». Souvent redite entre juillet et septembre 1897,
cette promesse s’est accomplie 62 ans plus tard, soit le 25 février 1959.
Céline, âgée de 90 ans moins deux mois, était la dernière survivante de
la famille Martin.
Thérèse n’avait pas oublié sa promesse : secrètement elle était
venue et l’avait entraînée dans la voie de l’enfance spirituelle.
Saisie par l’Amour miséricordieux, Céline était prête à s’envoler
sur les ailes de l’Aigle Divin.
Laurent Grimard / Trois-Rivières
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