Le Carmel au Québec


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L'infini du désir
dans la totale impuissance

Tous azimuts

« Pas de repos avant la fin des temps ! »

« O mon Jésus ! À toutes mes folies que vas-tu répondre ?... » (Ms B, 3).

Thérèse vient d’énumérer les désirs qui lui font souffrir « un véritable martyre », elle les taxe de « folies » mais, en même temps, elle est sûre que le Seigneur comblera ses « désirs plus grands que l’univers ».

Entre autres, elle voulait « parcourir la terre », « annoncer l’Évangile dans les cinq parties du monde... » Folies ? Les faits sont là : non seulement elle agit invisiblement, mais il arrive qu’elle se fasse voir, comme par exemple au Vietnam, en Égypte et même... au Québec !

Tu ne feras plus d’erreur

Le Père Marie-Michel, carme, nous raconte : Thérèse "débarque" un jour dans un supermarché de Montréal : invraisemblable mais vrai !

"Il y a un an ou deux, j’ai enregistré une cassette vidéo : «Le pouvoir d’offrir», qui a passé sur les télés de réseaux communautaires.

Quelques mois plus tard, je reçois une lettre d’une femme d’une quarantaine d’années : « Vous ne savez pas ce qui m’arrive ! Je vous ai vu à la télé, vous parliez de Thérèse de Lisieux et à côté de vous, il y avait son portrait. J’ai alors compris ce qui m’arriva, il y a vingt ans... »

Elle était alors une fille démunie financièrement, qui travaillait comme caissière dans un supermarché pour soutenir sa famille.

Quoique très minutieuse, elle faisait toujours des erreurs, ce que le patron n’appréciait guère, songeant même à la congédier.

Voici qu’un jour, elle voit une grande lumière à l’entrée du supermarché en même temps qu’une jeune religieuse s’avance vers elle et lui dit : « N’aie plus peur, désormais tu ne feras plus d’erreur. » Elle lui fait un beau sourire et s’en va.

Stupéfaite, la caissière interroge sa copine : — Tu as vu cette religieuse ? tu la connais ? Quelle est cette communauté ? — Je n’ai pas vu de religieuse. — Si ! il y avait une religieuse ! — J’ai bien vu que tu parlais avec quelqu’un, mais il n’y avait personne. — Mais si ! j’ai vu une religieuse, même qu’elle m’a remis sa photo...

Pour finir, l’interlocutrice lui donne un conseil : — Écoute, tu demandes quelques jours de congé au patron, puis tu te reposes.

La jeune caissière n’insiste pas. Elle est athée et connaît à peine l’existence des religieuses. Elle se risque à aller consulter un prêtre qui ne sut lui expliquer l’événement. Le souvenir de ce fait demeure jusqu’à maintenant...

C’est seulement vingt ans après, en regardant ma vidéo que le mystère s’éclaircit : « C’est ma photo ! » Elle reconnaît que l’image jadis donnée par la jeune religieuse, et toujours conservée, est la même qu’elle voit près de moi pendant que je parle de Thérèse. Extraordinaire !

J’ai pris contact avec cette femme et je dois la voir bientôt à Montréal, conclut le Père Marie-Michel ajoutant : Thérèse ne fait pas cela à tous les cinq minutes, — sans que ce soit pour autant un fait isolé, — mais elle veut nous faire comprendre par là à quel point elle s’intéresse aux moindres détails de notre vie." (Témoignage donné à la soirée des jeunes, au Carmel de Trois-Rivières, le 15 avril 1997).

 

Et le vent souffla...

Dans les années qui suivirent la Béatification puis la Canonisation de Thérèse, pour ne pas remonter plus avant, son image avait place dans la presque totalité des foyers chrétiens, elle faisait pour ainsi dire partie de l’ambiance familiale.

Mais petit à petit un vent s’éleva, tant et si bien que quarante ans plus tard, bien des cadres avaient été décrochés et bien des convictions s’étaient volatilisées.

À cette époque, évoquer la sainte devant des jeunes provoquait un haussement d’épaules : «Thérèse de Lisieux ? Connais pas ! »

Mais la « Petite entêtée » (Cf. Ms A, 7) ne bat pas en retraite si aisément. Elle n’a jamais quitté sa « place dans le cœur de l’Église », et ainsi elle se fraie une place dans le cœur des jeunes.

À preuve, un témoignage parmi plusieurs :

"Suite à une violence sexuelle dont j’ai été victime à l’âge de 14 ans, j’ai sombré dans un désespoir terrible. À 18 ans, je me suis prostitué et j’ai touché à la drogue. [...] J’ai tourné dans deux films pornographiques.

Heureusement, à 21 ans, j’ai été récupéré par la Miséricorde du Seigneur et ma première lecture spirituelle a été l’«Histoire d’une Âme».

La chose comique que je n’ai connue que par la suite, c’est que ma grand-mère avait jeté au feu tous les livres de sainte Thérèse qu’elle possédait, de peur que son style ne fasse perdre la foi à ses petits-enfants !...

Depuis ma conversion, je vis avec Thérèse une relation très profonde. [...] Elle m’aime. Elle est jeune. Elle m’entraîne à aimer Jésus comme elle. Elle faisait preuve d’une grande liberté dans sa façon de jouer avec Jésus, son Époux divin. Elle m’encourage à être moi-même très spontané dans ma relation avec Lui. Quand je la prie, j’expérimente toujours sa présence. [...]

Jésus m’a complètement libéré de mes désirs impurs. Par le contact de son Corps divin, il a guéri mon corps. Et j’ai de plus en plus le désir de me livrer à l’emprise de son Amour miséricordieux.

Pour me consoler d’avoir complètement raté le début de ma vie, je désire devenir un grand saint.

Lorsque j’entends Thérèse affirmer : « Dans le cœur de l’Église, je serai l’Amour », je sens bien que toutes les audaces me sont permises à moi aussi.

Bien plus que Thérèse, je me sens tout petit mais, comme elle, je suis déterminé à vivre et à progresser dans l’amour. [...] Même si j’ai mis longtemps mon intelligence au service du mal, je veux m’en servir aujourd’hui pour faire connaître et aimer Celui qui est capable de sauver les êtres les plus désespérés.

Je ne serai jamais « quelqu’un » aux yeux du monde. Mais ma vie peut être féconde, d’une fécondité toute cachée. Comme Thérèse, j’espère jouir dans le Ciel d’un très bel héritage. Je ferai tomber des fleurs sur tous ceux et celles qui auront vécu comme moi dans une solitude affreuse...

Voilà dix ans que je suis chaste et un an que je suis moine. Un petit moine heureux et toujours étonné d’être si bien accompagné par Thérèse.

Un petit frère de Thérèse qui désire garder l’anonymat."(1)

(1) : Nés pour aimer,(Thérèse et les jeunes,) P. Marie-Michel, Le Sarment Fayard,p. 58-60

 

Sr Jeannine, ocd

 

 
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