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Jésus
Thérèse et «son seul ami» Jésus

Jésus tient une grande place dans la vie de Thérèse, on peut dire qu’Il tient toute la place. En repensant au jour de sa première communion, le 8 mai 1884, elle dira : « Depuis longtemps, Jésus et la pauvre petite Thérèse s’étaient regardés et s’étaient compris... » (Ms A, 35) Regarder Jésus, se laisser regarder par Jésus, ces mots reviennent bien souvent sous sa plume.

Regarder Jésus dans le quotidien

C’est son amour pour Jésus qui a poussé Thérèse à tout Lui donner. Tout sert à l’amour. Tout peut prouver l’amour. Elle ne laisse passer aucune occasion qui se présente : les petits sacrifices, les petits riens de chaque jour : un sourire, un petit service à rendre.

Regarder Jésus, c’est vivre avec Lui. C’est L’aimer à chaque instant.

Et la prière de Thérèse ? Quand Thérèse nous définit la prière, elle nous dit : « C’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le Ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie ; enfin c’est quelque chose de grand, de surnaturel qui me dilate l’âme et m’unit à Jésus. » (Ms C, 25)

 

Un exemple dans la nature

Thérèse a passé ses premières années à la campagne, à Semallé. Elle a rencontré Dieu dans le grand livre de la nature.

Tout lui parle de Celui qu’elle aime. Elle dit volontiers que c’est le Soleil qui l’a fait grandir. Elle aime regarder les pâquerettes. Elle partage souvent ses découvertes avec sa sœur Céline : « Je vois avec étonnement que le matin leurs corolles rosées sont tournées du côté de l’aurore, elles attendent le lever du Soleil ; aussitôt que cet astre radieux a envoyé vers elles un de ses chauds rayons, les timides fleurettes entrouvrent leurs calices et leurs feuilles mignonnes forment comme une couronne qui, laissant découverts leurs petits cœurs jaunes, donnent aussitôt à ces fleurs une grande ressemblance avec celui qui les a frappées de sa lumière. Pendant toute la journée, les pâquerettes ne cessent de fixer le Soleil et tournent comme lui jusqu’au soir… » (LT 134)

Et Thérèse de commenter : « Quand Jésus a regardé une âme, aussitôt il lui donne sa divine ressemblance, mais il faut que cette âme ne cesse de fixer sur Lui seul ses regards. » (LT 134)

Pour Thérèse, le regard de Jésus est efficace, il fait ressembler à Jésus Lui-même.

 

Un regard d’amour

À la fin de sa vie, lorsqu’on demandera à Thérèse qu’est-ce qu’elle dit à Jésus quand elle prie, elle répondra tout simplement : « Je ne lui dis rien, je l’aime ! » (DE/G, 9.2) Comme ces époux qui ont traversé ensemble des joies et des épreuves et qui ont duré dans un amour toujours plus fort ; ils se comprennent sans paroles : l’amour suffit.

 

Regarder Jésus…et les autres?

Pour Thérèse, ce regard d’amour est apostolique. À Céline encore, elle écrit : « Il veut que sa petite fleur lui sauve des âmes, il ne veut pour cela qu’une chose, que sa fleur le regarde […] Et c’est ce mystérieux regard échangé entre Jésus et sa petite fleur, qui fera des merveilles et donnera à Jésus une multitude d’autres fleurs. » (LT 127)

Le regard sur Jésus sera toujours premier pour tout apostolat.

Ce regard d’amour, Thérèse l’a vécu dans la foi, sur la terre.

Et maintenant, n’est-ce pas toujours son regard, fixé sur Jésus, qui fait tant de merveilles aujourd’hui pour ses frères et sœurs en route vers la vraie vie ?

Que Thérèse nous apprenne à regarder Jésus et à vivre sous son regard d’amour.

Sr Thérèse-Annette, ocd / Montréal

 

 
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