Le Carmel au Québec


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Jésus
 mon Premier,
mon seul Ami..
.

En 1894, elle rend hommage à la Très Sainte Trinité. Deux ans plus tard, elle s’adresse directement à Jésus, elle le tutoie même et dans un style qui ne laisse aucun doute sur ses sentiments : mon unique ami, mon bien-aimé, mon amour, ma vie, mon aigle adoré, « je t’aime ». Tout comme sans broncher davantage, dans les manuscrits autobiographiques, elle l’appelle son époux, son fiancé, son unique directeur.

N’allons pas lire ses aveux dans le contexte indiscret du voyeurisme moderne. Tous ces mots, elle les a déjà formulés tout au fond de son cœur dans la prière et l’oraison. Rien d’abstrait. Jésus est ni plus ni moins que l’artiste de son âme.

Entre temps, elle dira à la manière de l’époque qui fut longtemps la nôtre, le Bon Dieu. C’est que son Bon Dieu, elle le connait et de mieux en mieux, à travers Jésus : « Nul ne connaît le Fils sinon le Père et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11, 27). Toujours le même mystère trinitaire qui l’enveloppe.

Désormais — la vie est courte ! — elle veut tout savoir ou plutôt tout apprendre de Jésus qui lui révélera l’immense bonté de son Bon Dieu et Son étonnante miséricorde.

Elle plonge dans les textes sacrés, surtout l’Évangile, s’inspire de la liturgie, lit, écoute, réfléchit, prie ; dans ses derniers écrits elle n’hésite pas à recopier de longs extraits d’Évangile, Jean 17, 4-24 par exemple, comme si les paroles de Jésus étaient devenues siennes. Mais pourquoi pas ?

Le fait que Jésus son époux n’ait rien épargné, pas même sa vie, et tant de souffrances pour dire son amour à l’humanité, l’impressionne pour ne pas dire la stimule. Elle fera de même. Il faut. Amour oblige !

Victime volontaire de l’amour, elle se fera au besoin petite à l’imitation de Jésus, Fils de Dieu pourtant, enfant à Bethléem. D’ailleurs, son nom l’y appelle : Thérèse de l’Enfant-Jésus. Et comme pour suivre l’Ami, l’Époux partout où il va, elle prendra la route austère de la souffrance quitte à se retrouver avec un double nom : sœur de l’Enfant-Jésus... et de la Sainte Face. Tel sera son nom final jusqu’à son Vendredi-Saint à elle, le 30 septembre 1897. Au Ciel elle veut passer son temps à faire aimer le même et unique Jésus. De la suite dans les idées, quoi !

P. Benoît Lacroix o.p. / Montréal

 

 
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