Le Carmel au Québec


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Comment Thérèse est devenue
 patronne des missions

En 1900, un jeune missionnaire Oblat, A. Turquetil, arrive au vicariat apostolique du Keewatin.

Un grand désir et un appel intérieur très fort l’incitent à donner sa vie pour l’évangélisation des Esquimaux (on dit aujourd’hui : Inuit) du Grand Nord canadien.

Pendant 12 ans, son évêque, Mgr Ovide Charlebois o.m.i. oppose un refus à ses demandes réitérées, alléguant le massacre de deux missionnaires par les Esquimaux et le slogan souvent entendu : impossible de convertir ce peuple à cause de ses us, mœurs et coutumes indescriptibles.

Finalement l’évêque cède et fonde une mission à Chesterfield Inlet, Baie d’Hudson, en plein pays esquimau où jamais encore un missionnaire n’a pénétré.

Il confie ce poste au Père Turquetil, assisté du Père Leblanc qui mourra à la tâche et d’un frère Oblat québécois.

Quatre années passent dont dix-huit mois dans l’isolement, la famine, le froid extrême, et la difficulté insurmontable de se faire accepter des Esquimaux qui n’ont pour le « Barbu » que mépris et moqueries. S’ils viennent à la mission le dimanche, c’est pour regarder des livres d’images, mais c’est tout !...

Deux surprises

En 1916, dans le courrier qui n’arrive qu’une fois l’an, deux surprises sont réservées à notre missionnaire :: d’abord, son évêque écrit qu’il le retirera du pays des Esquimaux s’il n’a pas administré de baptême d’ici un an !

D’autre part une inconnue lui envoie, de France, une brochure intitulée :"Vie abrégée de sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus. Je passerai mon Ciel à faire du bien sur la terre."

« Connais pas », dit le Père... On y a joint un papier plié en quatre, contenant un peu de terre prélevée sur la tombe de la jeune religieuse.

Dans la tête du P. Turquetil jaillit une idée : il prend au mot la jeune sœur inconnue ! «Dimanche prochain, pendant que je montrerai des illustrations à mes visiteurs, frère Girard déposera à la dérobée sur la tête de chaque Esquimau une pincée de cette terre. »

Ainsi fut fait.

Naissance d’une communauté chrétienne

Le dimanche suivant, à l’heure de la messe, qui voit-on arriver ? — « Barbu, nous avons abandonné notre projet d’aller à la chasse pour venir à la messe. » — « Vous voulez me tendre un piège ! » rétorque le Père Turquetil. — « Non, nous avons été bien méchants durant tes quatre années chez nous, mais nous ne voulons plus rire de la religion, nous voulons changer de vie et apprendre le chemin du Ciel. »

Caprice ? Simple flambée de paille ?... Il lui fallut se rendre à l’évidence : neuf mois durant, les Esquimaux vinrent tous les matins assister à la messe, apprendre les prières, et tous les soirs étudier le catéchisme.

Le 2 juillet 1917, le Père peut enfin baptiser quatre familles.

Petite Thérèse venait ainsi de sauver la mission de Chesterfield.

Depuis, notre missionnaire ne fit plus rien sans y associer sa Protectrice. Thérèse voulut continuer à être présente au Keewatin et les faveurs de toutes sortes s’y multiplièrent.

Le Père Turquetil prend note de tout pour tenir son évêque au courant de ce qui se passe d’inhabituel dans le Grand Nord canadien...

En 1923, Mgr Charlebois visite ses missionnaires. Ils lui parlent des « roses » jetées à la Baie d’Hudson par celle qui a dit : « Je ferai tomber une pluie de roses. »

Et Monseigneur entend, de la part des témoins eux-mêmes, le récit de nombreux faits, plus miraculeux les uns que les autres.

Sr Hélène, ocd

 

 
Missionnaire dans le coeur et dans l'âme Patronne des mission #2
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