Le Carmel au Québec


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Comment Thérèse est devenue 
patronne des missions (suite)

En 1925, le Père Turquetil omi, nommé préfet apostolique de la Baie d’Hudson, fait un voyage en France, son pays qu’il n’a pas revu depuis 25 ans.

Au retour, après un certain temps passé à quêter au moyen de conférences sur ses missions, au Canada et aux États-Unis, il prend le bateau Le Nascopie. C’est le seul moyen pour se rendre au Grand Nord en ce temps-là. I1 embarque sur le Bay Eskimo, un autre navire, tout le fruit de son labeur de mendiant, soit dix grosses caisses.

Naufrage...

La traversée connaît de fortes tempêtes et fait face à bien des difficultés avec les glaces. C’est pourtant la mi-juillet !... Le Nascopie est avarié, tandis que le Bay Eskimo sombre en pleine mer, avec tous ses trésors !

Du pont du Nascopie, Mgr Turquetil ne voit plus qu’une chaloupe et, plus loin sur une glace flottante, équipage et passagers grelottants...

Après bien des péripéties, le Nascopie arrive à Chesterfield Inlet le 2 août.

Tous les missionnaires du pays, réunis pour l’occasion, accueillent leur supérieur avec un enthousiasme partagé par tous les fidèles.

Hélas ! la chaleur de la réception est vite tempérée par la si mauvaise nouvelle : tous les précieux cadeaux ont péri ! Intérieurement chacun se dit : Petite Thérèse n’est donc pas intervenue...

... et miracle

Voici qu’un marin du Nascopie crie de loin : « Venez donc chercher vos dix caisses ; elles sont à bord de notre bateau ».

Mgr Turquetil répond calmement : « Impossible ! J’ai aidé moi-même à les embarquer sur le Bay Eskimo qui est maintenant au fond de la mer ».

Deux employés du vaisseau disparu préposés à l’enregistrement des marchandises l’attestent et leurs papiers en font foi : les dix caisses avaient dûment été mises à bord du Bay Eskimo. Mais déjà, on commence à apporter les caisses... !

Patronne des missions

Tant de merveilles attribuées à Thérèse vont faire naître dans l’esprit et le cœur de Mgr Charlebois, un grand désir.

Il décide de demander au Pape de nommer Thérèse Patronne des missions, elle qui avait dit : «J’aiderai les prêtres, les missionnaires, toute l’Église ». Or Thérèse vient justement d’être canonisée par le Pape Pie XI, le 17 mai 1925.

Il s’empresse donc de demander leur approbation et leur signature à tous les Ordinaires des Missions canadiennes.

Ce fut facile, car tous avaient déjà largement bénéficié de la « pluie de roses » annoncée du vivant de la Sainte de Lisieux. Ils avaient une dette de reconnaissance envers elle.

« La requête projetée par Mgr Charlebois fut envoyée au Saint-Père, portant la signature de tous les Ordinaires canadiens. Mais le Saint-Père la retourna, disant : "Faites signer cette pétition par tous les évêques missionnaires".

Ainsi fut fait.

Les évêques missionnaires signèrent, chacun relatant les [...] miracles opérés par la Petite Thérèse en faveur de leurs missions. » (Vie thérésienne, No 110, p. 105)

M. Bernard, de Beloeil, à la demande de Mgr Charlebois, accepta le travail d’organiser cette supplique. C’est le même M. Bernard qui, en 1919, avait recueilli au Canada 200,000 signatures : supplique présentée au Pape Benoît XV pour obtenir la béatification de « sœur » Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Et c’est ainsi que, le 14 décembre 1927, par décret papal, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus est proclamée, au même titre que saint Francois Xavier, « patronne spéciale des Missionnaires et des Missions ».

Sr Hélène, ocd

 

 
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