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La pauvreté spirituelle

 

« Un soir après complies je cherchai vainement notre petite lampe... je compris qu'une sour croyant prendre sa lampe avait pris la nôtre dont j'avais un très grand besoin ; au lieu de ressentir du chagrin d'en être privée, je fus bien heureuse, sentant que la pauvreté consiste à se voir privée non pas seulement des choses agréables mais encore des choses indispensables. » (Ms A, 74r°)

Le sens de la pauvreté spirituelle de la petite Thérèse se situe là, dans cet acte bien concret et éprouvant à travers lequel une joie intérieure intense l'a habitée. Elle exprime cela elle-même quand elle écrit : « ... Ainsi dans les ténèbres extérieures je fus illuminée intérieurement. »

Thérèse a vécu mille pauvretés de ce genre et ce furent des pauvretés cachées dont personne ne se douta dans sa communauté. La pauvreté n'est pas l'indigence mais elle est une aumône que l'on fait pour Dieu et qui est grande dans la mesure où elle est ignorée des autres et de... soi-même, volontairement. C'est la vraie pauvreté évangélique, celle que Jésus louera à l'occasion de l'obole de la pauvre veuve au Temple. Cette pauvreté est le signe d'une autre pauvreté plus essentielle, la pauvreté spirituelle.

La petite Thérèse voulait paraître devant Dieu les mains vides, vides de tout ce qu'elle pouvait s'attribuer de bien, vides de tout jugement de valeur sur son âme... même de ses propres péchés. Dans cette pauvreté elle se voulait libre, libre de s'élever à Dieu par la confiance et par l'amour.

P. Lambert Darche, ocd

 

 

Présentation Thérèse et le psaume 130
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