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Thérèse et le psaume 130

Seigneur,
je n’ai pas le cœur fier
ni le regard ambitieux :
je ne poursuis
ni grands desseins,
ni merveilles
qui me dépassent.

Non,
mais je tiens
mon âme
égale et silencieuse ;
mon âme est en moi
comme un enfant,
comme un petit enfant
contre sa mère.
Psaume 130

On est surpris que Thérèse n’ait pas cité explicitement ce psaume ; il s’apparente tellement à la « voie d’enfance spirituelle ». En revanche, on ne compte plus les références à l’enfant, au père ou à la mère, dans ses écrits.

Le 6 août 1897, elle dit à Mère Agnès : « Être petit enfant, c’est reconnaître son néant, attendre tout du bon Dieu comme un petit enfant attend tout de son père ; c’est ne s’inquiéter de rien, ne point gagner de fortune. » (CJ 6.8.8)

L’expérience d’être cet enfant, essentiellement pauvre et confiant, achève de la convaincre que sa pauvreté est son plus précieux trésor. Thérèse actualise l’enseignement du Christ dans les Béatitudes, pour nous faire entrer dans l’espérance chrétienne. Voilà pourquoi elle insiste à juste titre sur l’attitude du pauvre en esprit : impossible de « grandir » autrement qu’en devenant « petit ». Pensons à Mt 18,4 : « Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux », si proche du psaume 130. Et l’âme d’oraison ? Elle a fait sienne le « je tiens mon âme égale et silencieuse » pour se disposer à tout attendre de Dieu.

F. Stéphane, ocd
 

 

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