Le Carmel au Québec


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Joie de croire !
Joie de souffrir !

Si elle a souffert ! De toutes les souffrances possibles : morales, physiques, spirituelles, du corps, de l’âme, du cœur. « Ce que j’ai souffert ici-bas, il faudra le faire savoir aux âmes. » Déjà adolescente : « Ce que j’ai souffert, je ne pourrai le dire qu’au Ciel ! »

Au fait, Thérèse a trouvé la formule qui dit tout : « J’ai possédé la souffrance ». Et qui veut en savoir davantage ouvrira le livre largement documenté de Guy Gaucher sur" La passion de Thérèse de Lisieux".

Le plus désarmant est qu’elle ne cesse de proclamer sa joie ! Comme si le mal pouvait se changer en bien, comme l’eau en vin ! « La souffrance, je la réclame... Ma joie, c’est d’aimer la souffrance ».

Priante, elle va jusqu’à remercier Dieu « de m’avoir fait passer par le creuset de la souffrance ». Dans ses lettres, et d’un style qui appelle davantage la confidence, elle parle souvent du prix de la souffrance. 11 avril 1896, à sa sœur Léonie : « Il était nécessaire que la souffrance nous éprouvât. » Plus tôt, toute petite : « Je sentis naître en mon cœur un grand désir de la souffrance... La souffrance devint mon attrait, elle avait des charmes qui me ravissaient sans les bien connaître. »

Comment peut-elle affirmer, encore deux mois à peine avant sa mort, au P. Roulland : « Depuis longtemps la souffrance est devenue mon Ciel ici-bas » ?

Sensible, intuitive, on s’en doute, avec une nature de plus en plus fragile, une tuberculose plus aiguë (elle en mourra), elle a constaté que l’esprit, lui, n’est pas atteint, que la souffrance le raffine, tout comme les joies sont toujours mêlées de souffrances. Surtout, « ne croyons pas de pouvoir aimer sans souffrir beaucoup. »

En toutes ses épreuves — elle en vient jusqu’à douter du Ciel et comprendre que d’autres peuvent se suicider — elle vérifie, grâce aidant, la référence essentielle de sa vie : Jésus ! Jésus! I1 faut ! Il faut !

Question d’amour. Question de solidarité. Qui veut aimer avec Lui souffrira comme Lui.

« N’est-ce pas en souffrant que Jésus a racheté le monde... Il n’y a que la souffrance qui puisse enfanter des âmes à Jésus » et « la souffrance nous rend semblables à Lui. »

Conclusion: « Je ne désire qu’une chose... de toujours souffrir pour Jésus ». Identité accomplie. Comme autrefois saint Paul écrivant à ses Colossiens (1, 24) : « Je trouve maintenant ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous ». Ce que peut faire une amitié orientée !

P. Benoît Lacroix o.p.

 

 
La souffrance Rendre à Jésus amour pour amour
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