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La
Sainte Vierge
L’histoire de Thérèse avec la Vierge Marie est plus une histoire de
complicité et de familiarité que de dévotion extatique. Encore et
toujours, pour Thérèse, l’amour prime tout et sa relation avec la Vierge
Marie n’est pas de fixer sa tente au sommet pour s’éblouir de la vie de
Marie, mais plutôt pour vivre de sa vie. Et Thérèse se laisse aller à
son audace d’expression pour manifester toute l’intensité qui habitait
son cœur dans sa relation avec celle qu’elle considérait comme sa Mère
de la terre autant que comme sa Mère du Ciel. « Car je te vois mortelle et
souffrant comme moi » (PN 54), écrit-elle.
Dans sa relation personnelle avec Marie, Thérèse n’était pas à l’aise
avec les prières toutes faites, par exemple avec le chapelet qu’il lui
était difficile de réciter avec dévotion. Non pas qu’elle n’aimait
pas les paroles, mais le style stéréotypé ne convenait pas à sa nature
simple et directe. Il en était de même d’ailleurs pour le genre excessif
d’admiration envers la Vierge Marie. Thérèse voyait Marie comme un
modèle accessible aux plus petits comme elle. « Mère, ton doux Enfant
veut que tu sois l’exemple / De l’âme qui Le cherche en la nuit de la
foi. » (PN 54) Vers la fin de sa vie, Thérèse, aux prises avec sa
souffrance et son épreuve de la foi, faisait de plus en plus appel à Marie
comme soutien dans son pénible cheminement quotidien vers la mort. « En
attendant le Ciel, ô ma Mère chérie, / Je veux vivre avec toi, te suivre
chaque jour. » (PN 54) Thérèse était vraiment en communion de vie avec
Marie d’une façon familière et intime.
P. Lambert Darche, ocd
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