Ne crains pas
d’aimer trop la Sainte Vierge
Thérèse nous révèle dans son Cantique "Pourquoi je t’aime, ô
Marie ! "(PN 54), la profondeur de son amour pour la très Sainte
Vierge... et tout ce que sa méditation sur l’Évangile lui fait
découvrir sur cette « Mère chérie ».
Avec sa maman
À la maison, Thérèse est initiée à l’amour de la Sainte Vierge par
sa maman qui la prie chaque jour.
Gestes simples : lampions allumés aux divers sanctuaires, récitation du
chapelet, dévotion du mois de Marie... Sa maman nous révèle : « Elle n’a
pas quatre ans que déjà elle manifestait son bonheur de prier devant l’autel
(familial) de Marie »(1).
Gestes douloureux et empreints de courage : sa maman très malade qui,
dans l’espoir de guérir, se plonge dans l’eau froide de la piscine de
Lourdes ou encore qui récite fidèlement son chapelet à genoux tous les
jours jusqu’à sa mort. C’est d’ailleurs devant la statue de la
Vierge, celle qui fera le « ravissant sourire » à Thérèse, qu’elle
prie.
Cette prédilection pour sa Maman du Ciel a soutenu la Petite Thérèse
dans les années difficiles qui ont suivi la mort de sa maman. Chaque jour
elle s’applique à aimer davantage la Sainte Vierge et chaque soir elle
demande à sa sœur Pauline : « Est-ce que la Sainte Vierge est contente de
moi ? »(2)
Le sourire de Marie
À dix ans, Thérèse est plongée dans une terrible maladie dont elle
dira plus tard qu’elle était «l’œuvre du démon » (Ms A, 28v°). La
Vierge Marie l’en délivrera en imprimant dans le cœur de son enfant «
jusqu’au fond de l’âme », son ravissant sourire. En ce dimanche de la
Pentecôte, le 13 mai 1883, ses trois sœurs étaient à son chevet et
suppliaient la Sainte Vierge pour sa guérison. À la prière de ses
aînées, Thérèse ajoute la sienne : « Ne trouvant aucun secours sur la
terre, la pauvre petite Thérèse s’était aussi tournée vers sa Mère du
Ciel, elle la priait de tout son cœur d’avoir enfin pitié d’elle...
Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais
vu rien de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse
ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme ce fut le
"ravissant sourire de la Ste Vierge". Alors toutes mes peines s’évanouirent...
» (Ms A, 30r°)
A la suite du miracle du « sourire », la Petite Thérèse est
tourmentée par bien des scrupules, car elle a été comme forcée de
raconter son secret. Cette souffrance n’altère en rien ses sentiments à
l’égard de Notre-Dame. Bien au contraire, elle les purifie.
A sa première communion, elle prononce au nom de ses compagnes l’acte
de consécration à la Sainte Vierge : « Je mis tout mon cœur à lui
parler, à me consacrer à elle, comme une enfant qui se jette entre les
bras de sa Mère et lui demande de veiller sur elle. » (Ms A, 35v°) Plus
tard elle dira : « S’il me survient une inquiétude, un embarras, bien
vite je me tourne vers (Marie) et toujours comme la plus tendre des Mères
elle se charge de mes intérêts. » (Ms C, 26r°)
Au Carmel
Dans son Acte d’Offrande à l’Amour Miséricordieux, c’est à Marie
qu’elle « abandonne son offrande, la priant de [...] la présenter (à la
Bienheureuse Trinité) » (Pri 6, 1). Et c’est agenouillées devant la
statue de la Vierge que Thérèse et sa sœur Geneviève prononceront cet
Acte d’Offrande.
Toute la vie de Thérèse se déroule sous le regard attentif de sa Mère
du Ciel et c’est avec le cœur de Marie qu’elle contemple et aime Jésus.
Elle s’unit au silence et à la contemplation douloureuse de Notre-Dame
au pied de la Croix qui offre son Fils au Père et s’offre avec Lui.
Refuge des pécheurs,
c’est à toi
qu’Il nous laisse
Quand Il quitte la Croix
pour nous
attendre au Ciel.
(PN 54, 22) |
Selon Thérèse, la vie ne serait-elle pas un « Avent » avec Marie, une
véritable conversion d’Amour au Christ dont elle est la Mère, à l’Esprit
Saint dont elle est l’Épouse, au Père dont elle est la Fille?
(1). P. Louis Guillet ocd, La Sainte Vierge et Sainte Thérèse,
VT 91 p. 169.
(2). Id. P. 177.
Margot Ouellette / Montréal
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